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La Guadeloupe

December 26, 2016

 

Du samedi 17 au lundi 26 décembre 2016

 

 

Le jour se lève sur une baume toute emmaillotée, ficelée, saucissonnée. Elle est malheureuse. Mais elle est bien malade. Nous allons devoir prendre grand soin d'elle.

La nuit a aussi laissé ses traces sur nos visages. Nos traits sont tirés, la fatigue se lit dans nos yeux. Nous sommes tout ébouriffées (sauf Stéphane, bien sûr, qui adorerait pouvoir l'être!!), mais nous n'avons pas envie de nous coiffer.

Nos amis ont évité le grain. Ils étaient plus rapides que nous, le grain leur est passé à côté. Nous les avons contacté : nous n'irons pas aux Saintes, nous allons au Gosier.

Alors ils nous y attendent, mais dans un mouillage trop rouleur pour nous, pour aujourd'hui tout du moins. Nous avançons vers la marina. Près du chenal des gros bateaux (XXXXL), nous dénichons un coin satisfaisant. Branle-bas de combat, nous allons mouiller ici. Mais, voilà, le guindeau (qui sert à descendre et à monter l'ancre) ne réagit pas. Il n'est pas alimenté (électriquement parlant) ! Madre de dios !

Nous rappelons la marina que nous avions eu quelques temps avant, et qui nous avait alors dit qu'il n'y avait pas de places disponibles et nous en implorons à leurs bons cœurs : « please ! Une petite place ! » : non seulement nous sommes tout cassé(s) (« é » ou « és » ? car « nous » mit pour « le bateau ». En effet, nous nous identifions de plus en plus au bateau … étrange?), mais en plus, nous sommes condamnés à nous mouvoir (nous ne pouvons sortir l'ancre !), ce qui signifie « errance », et une errance assurée par des gens vannés signifie : danger !

Le marinero est formidable. Il nous trouve une place, il nous aide à nous faufiler entre un très gros et un petit bateau (« nous », toujours mit pour « le bateau »). Il a un beau sourire aussi ;). Nous sommes face au bar-restaurant le « Quai West ». La musique est bonne. Nos traits se déplissent. Stéphane exorcise ; il explique aux voisins curieux le pourquoi du saucissonnage de Madame. « Pas étonnant, les canaux de la Dominique sont peu dociles ! » … « intraitables, vous pouvez même dire ! », et patati et patata. Radio ponton, que ferions-nous sans toi !

Nos amis réussissent aussi à avoir une place. Ils sont loin, très loin, dans le lagon (c'est-à-dire à deux pas de la mangrove -encore une ?!!!- à ça, les mangroves, y'en partout ma p'tite dame !). Mais ils sont à l’abri (cqfd trou à cyclone mais pas que !) … car le vent souffle dehors et la houle est haute et serrée. Ils n'auraient pas bien dormi au mouillage.

La semaine défile tranquillement. Nous préparons Noël. Armance nous fait une petite rhino-angine-grosse fatigue et me cloue, avec elle, au bateau, pendant que Stéphane et Cassandre profitent des deux jours de location de voiture. Cassandre nous ramène ses récoltes de graines et de bois flottés qu'elle récolte sur les plages ; elle essaie de faire rêver sa sœur, mais cette dernière est trop abattue pour la questionner davantage. Nous visiterons mieux la Guadeloupe lors de notre prochain passage !

 

Nous sommes montés si haut (! … la Guadeloupe, ce n'est pas non plus le Pôle Nord, elle exagère l'auteure de ces lignes, là), si vite ( ! … 7 nœuds de moyenne par heure, ça fait quoi en kilomètres-heure ? tous à vos calculettes!) car nos amis, Gonzague, Aïcha, Ethan Jacques (9 ans) et leurs ami Michel sur Livadia, ont des obligations à Pointe-à-Pitre. Nous tenions à fêter Noël ensemble car cela fait presque 5 mois que nous avançons de conserve par-delà les mers et les océans. Les enfants s'entendent comme frères et sœurs, c'est un vrai bonheur de les voir vivre ensemble. Ils grandissent tellement vite, en harmonie avec l'inconnu. Enfin, avec ce que nous, parents, jugeons être l'inconnu. Car pour eux, tout ça, c'est normal. Ressortant satisfaits de leurs expériences, ils enchaînent les aventures, sans se poser de questions, sans se dire que « normalement », ils n'auraient pas fait ça comme ça, que « normalement », ils n'auraient pas pu vivre ça comme ça. C'est juste génial, ils sont beaux nos amours !

Avant Noël, nous faisons un petit tour à Pointe-à-Pitre.

Cette capitale est beaucoup plus calme que son homologue Martiniquaise mais tout autant en rythme. Sa musique ? Le gwoka (ou gwo ka), principalement joué avec des tambours appelés « ka ». Les autres instruments sont le chacha (une sorte de maraca) et le tibwa (instrument formé de deux baguettes de bois qu'on frappe sur l'arrière du tambour ou un morceau de bambou).

Les différentes tailles des tambours établissent la base. Le plus grand : le boula joue le rythme central et le plus petit : le marqueur (ou makè) marque la mélodie et interagit avec les danseurs, le chanteur et les chœurs; ces derniers sont repris généralement par les spectateurs lorsqu'il y en a.

« Vélo », dont la statue orne une place de Pointe-à-Pitre, est le joueur de Ka le plus célèbre. C'était un musicien de rues.

 

Également, en Guadeloupe (autant qu'en Martinique) le passé est omniprésent. Partout dans les rues, des statues, des sculptures modernes, des traces et empreintes font références soit à l'esclavage, soit à son abolition.

 

Pour mémoire :

 

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen, 1789

Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. […]

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

 

La première abolition de l’esclavage, 1794

« La Convention déclare l’esclavage des nègres* aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution ».

Nègre : terme très péjoratif, qui relie l’esclave à sa couleur de peau, car les esclaves venaient principalement d’Afrique.

Le décret va être très peu appliqué et pour très peu de temps. Le rétablissement de l’esclavage et du commerce des esclaves dans les colonies est officialisé par Napoléon Bonaparte en 1802.

 

L’abolition de l’esclavage en France en 1848

Au nom du Peuple Français Le gouvernement provisoire considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine : qu’en détruisant le libre arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ; qu’il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité, décrète :

Article premier. L’esclavage est entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises. Art 8. À l’avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d’acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement, à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions, entraînera la perte de la qualité de citoyen français.

 

 

Nous avons également le plaisir de participer à une soirée de noël organisée par l'association du quartier Carénage :

Attirés par la musique, nous décidons de pousser plus loin notre promenade. Deux grandes tentes sont montées sur un espace herbeux improbable. L'une accueille toute une chorale (nombreux chanteurs, nombreux musiciens) ; l'autre, un grand buffet. La musique est entraînante, l'ambiance est bon-enfant. Nous nous approchons, essayant tout de même de ne pas gêner (peut-être s'agit-il d'une fête familiale?), mais nos yeux ne peuvent se soustraire à l'attirance qu'exerce sur nous ces chanteurs et ces musiciens. Et puis, il y a cette musique ! Les chants sont différents de ce que nous avons l'habitude d'entendre. Ils sont puissants. Et il y a tellement de sortes de tambours différentes (un musiciens nous invitera à donner quelques coups sur une peau tendue de zèbre ! Pas banal, tout de même! Enfin, pauvre zèbre aussi bien sûr … ça se mange, la viande de zèbre ?). Un homme souffle dans un coquillage et nous retrouvons nos fameux chachas. Et puis une personne nous invite à prendre un verre, d'autres viennent à notre rencontre. De la canne à sucre nous est offerte (dont le jus était, à ce moment précis, bien plus désaltérant que l'eau -il faisait alors très chaud !) puis nous faisons la connaissance d'un authentique tourangeau, de la couleur de la Guadeloupe et au parlé créole ! Excellent, n'est-ce pas ? Ce charmant monsieur nous raconte ses jeunes

 

années à Tours et à Montrichard, et son premier travail à Château-Renault ! Nous ferons également la connaissance d'un autre charmant monsieur, Philippe. Il est un membre très actif de l'association. Devant accompagner la chorale, il prend le temps de nous donner ses coordonnées. Il nous invite à l'appeler quand nous repasserons en Guadeloupe à la fin du mois de janvier. « Ce sera alors le carnaval ! ». Cela lui ferait très plaisir de nous faire découvrir « son carnaval », les traditions de son pays, de sa ville, de son quartier et il tient à ce que nous le vivions de l'intérieur, avec lui et sa famille, de façon à ce que nous ne manquions rien ! Croisons les doigts, sa proposition est enthousiasmante :)

Finalement, nous rentrons au bateau le ventre plein ! Une grosse averse nous ayant précipité sous la tente du buffet, une assiette de poulet en sauce tombe, d'office, entre nos mains ! « C'est comme ça, mangez ! ». Les conversations reprennent, nous rentrons à la nuit tombante, ravis et sous le charme.

 

Menu de Noël, concocté par Aïcha, Michel, Stéphane et moi, dégusté sur Livadia :

En apéro : champagne*, bananes plantain frites, jambon cuit aux épices (= spécialité de Noël)

En entrée : assiette composée de légumes râpés, salades vertes et boudins créoles

En plat : rôti aux pruneaux, riz & banane plantain et chutney de papaye

En dessert : salade de fruits (melon, pommes, pastèque, mangues, fruits de la passion, pamplemousse), glace coco de la marque « Paradie «  (la meilleure!) et tarte au citron

Petit café

Vins grands crus de la cave de Gonzague

 

*les Guadeloupéens sont fans du champagne. Nous n'avons jamais vu de rayons de grands magasins en France métropolitaine proposant autant de marques de champagne différentes que dans ces mêmes magasins de Guadeloupe (Carrefour, Auchan, Leclerc … tout pareil !)

 

Dimanche 25 décembre : grand nettoyage, grand rangement. Demain, direction Marie-Galante.

 

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