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Les Grenadines de Grenade - Grenade

August 17, 2017

 

Les Grenadines de Grenade - Grenade

Du jeudi 27 Juillet au jeudi 17 Août 2017

 

 

Jeudi 27 juillet, 8h, nous levons l'ancre.

Merci Carriacou pour ton chaleureux accueil et à bientôt !

 

Petite nav' bien tranquille avec LA MERE MERVEILLEUSE. Nous avançons très bien ensemble, presque à la même allure.

A 14h15, notre ancre est posée dans la baie de St George.

Il y a un nombre impressionnant de bateaux ; il faut dire que la baie est immense. Le bémol : elle est toute ouverte sur l'ouest. Gare aux retours de houles !

Très vite, les enfants font connaissance de ceux de PINOCCHIO.

Ce sont des Québécois. Ils sont 7 enfants à bord !

Le lendemain, les filles sont invitées à l'anniversaire de Igor. Il est Brésilien et vit sur ALEGRO.

Au Brésil, il est de coutume d'inviter le maximum d'enfants aux anniversaires. Toute la baie est réquisitionnée pour l'occasion ! Le rendez-vous est donné sur la longue plage de sable blond. Karine dirige l’expédition : Cassandre et Armance se joignent à Noah et Alexia, suivis Raphaël (13 ans), Thomas, Charlotte, Juliette, Félix, Alice et Florence (1 an) de PINOCCHIO. L’après-midi est faite de jeux. Les filles rencontrent encore d'autres Québecois, des Canadiens adorables et elles font la connaissance de Swan, 13 ans.

Avec ses parents, Pascal et Mireille, ils sont partis de l’île Maurice il y a 4 ans. ISLANDS COYOTE est un super catamaran mais surtout, Swan construit des mondes merveilleux en lego, et puis il a un chien, Plume et un chat, Bip-Bip. Les filles sont sous le charme !

A 17h, Stéphane et moi partons les récupérer. Il n'y a personne sur la plage, où sont-ils tous passés ? C'est au bar-restaurant l'Umbrella que nous les trouvons attablés, finissant un hot-dog frites ! Le temps de faire connaissance avec quelques parents, et voilà arriver le gâteau d'anniversaire ! Un gâteau Américain à plusieurs étages, tout chocolat plus crèmes de couleurs ! « Miam, miam » disent les filles (elles en rêvaient depuis celui qu'elles avaient goûté à la Barbade, même si elles l'avaient trouvé affreusement sucré et follement coloré !). Ces gâteaux Américains sont les seules pâtisseries du sud des Antilles. Autrement, en dessert, c'est fruits, ou parfois quelques glaces, mais très rarement de gâteaux ni d'entremets.

Le retour au bateau est très silencieux ! Ils sont tous épuisés ! Il faut dire que nous quittons la plage à la tombée de la nuit ; les filles guettent alors le fameux « rayon vert ». Selon Jack Sparow !!! il signifierait qu'un mort revient à la vie, ouououhhh ! Pas de retour ce soir !

Le lendemain, sortie « visite de la ville » ; on prend nos marques, on repère comment « bougent » les annexes amarrées au ponton (avons-nous besoin d'un grappin : oui, non), nous constatons qu'elles sont cadenassées ici (c'est normal, pensons-nous l’île de Carriacou fait 34km ² et héberge 8 000 habitants alors que Grenade fait 350km² pour 111 000 habitants, et puis St George est une « vraie » grande ville, comme nous n'en avions plus vu depuis longtemps!).

Puis, nous essayons de savoir où se situe le centre-ville, repérons comment sont organisées les rues (sont-elles, au moins, organisées ? Souvenir de Roseau, en Dominique, où nos références Haussmanniennes ne nous étaient d'aucune utilité!). Nous essayons de comprendre comment repérer les magasins : pas d'enseignes, pas de vitrines ; nous notons « une bonne odeur » près des petits restos et des allées-venues signalent les autres « boutiques» souvent improvisées dans les rez-de-chaussée et/ou au fond de couloirs.

Et puis nous tombons sur le marché, tout en couleur et en odeur bien évidemment : encore des épices, mais pas les mêmes qu'en Martinique alors élégamment mis en valeur par des madras rouges, jaunes ou bleus, des noix de coco vertes en attente d’être sabrées, des petits pochons de légumes colorés bien tassés, des cageots de racines de gingembre et de curcuma.

Nous découvrons la noix de muscade dans son corsage de dentelle rouge, la bay leaf qui assaisonne toutes les sauces et des quantités de piments de toutes les formes et de toutes les couleurs. Des petits bouquets d'herbes d'assaisonnement sont proposés sur tous les étales, composés de thym, de bay leave, de chardon béni, de lemon grass et d'autres feuilles non encore identifiées.

Bien sûr, nous retrouvons les classiques citrons verts (limes), ananas, noix de coco fraîche pour son jus ou sèche pour sa pulpe, avocat (taille XXL), pomelos (coûtent rien, sont énormes et moches pour nous Européens habitués aux belles couleurs uniformes que la Grande Distrib nous propose, mais ils nous ravissent les papilles – nous en ferons une cure !), toutes les racines – Daichin, manioc, pommes de terre, ignames, patates douces - il y a aussi des courges Butternut, des tomates (vertes), de l'uru (fruit de l'arbre à pain), de la salade locale (raide !) et beaucoup de chou vert. D'ailleurs, le Coleslaw est sur tout les menus avec des carottes donc … en provenance du Canada ! Si je ne m'abuse, les carottes sont les seuls légumes de provenance étrangère que presque tous les étales proposent …

Et puis il y a un fruit nouveau pour nous (ce qui signifie qu'il se peut tout à fait qu'il y en ait eu avant ici, nos yeux ne voyant que ce qu'ils sont capables de voir à l'instant « t »).

Ce fruit, c'est la Golden Apple. Immangeable telle quelle car très dure avec une épaisse peau verte granuleuse, elle se déguste en jus. Mais quel délice ! Pour moins de 3 EC (moins d'un euro), une petite grand- mère profondément ridées et tellement souriante, installée sur une chaise en bois de son âge à l’entrée de sa mini cabane peinturlurée, nous sort de son frigo blanc immaculé des petits sacs transparents fermés d'un nœud et remplis de ce fameux nectar ! Et là, on sent qu'on se fait du bien ! Extrêmement rafraîchissant, c'est un condensé d’énergie et de vitamines. Son goût indéfinissable, vert et fleurissant (pfff!), est excellent !

La monnaie ici, c'est l'EC $ (East Caribeean Dollars, prononcer 'ici'). La conversion : multiplier par 4, diviser par 10 et on obtient le coût en Euro !

 

Un soir, nous serons invités à dîner sur LA MERE VEILLEUSE. C'est à cette occasion que nous avons dégusté les meilleurs plats de lambis fris et de bananes plantain ! Les recettes sont dans le coin de Mamounette ! Ce sont celles de Karine;) Nous vous les conseillons accompagnées d'un petit riz Bastmati revenu dans des échalotes au beurre !

Un brownie aux cacahuètes locales accompagné d'un vin rouge corsé du Chili a clos cette soirée dégustation !

A noter quand même que depuis ce jour, c'est « à la Haïtienne », façon Karine donc, que nous dégustons systématiquement ces bananes énormissimes !

 

C'est Janet (de MAPLE, un catamaran canadien) qui par le biais de Iris et Ella, ses deux filles, nous apprend que le Yatch Club ouvre son Summer Sailing Camp, trois semaines d'initiation à la pratique de l'optimist.

Nous inscrivons Cassandre et Armance. Manu et Perrine inscrivent Robin et Marius, et nous offrons le stage à Noah pour ses 10 ans ;)

Les cours commencent à 9 heures et se terminent à 15 heures ! De longues journées tout en anglais ! Courage, les mômes !

Le premier soir, nous les récupérons épuisés : par l'anglais (ils n'ont rien compris … pourtant ils ont essayé « fort » nous disent-ils!), par l'attente entre deux sorties dans le port (ils sont une vingtaine d'enfants et il n'y a que 3 bateaux, 4 autres étant bloqués dans le hangar pour cause d'avaries diverses), par l'attente de leur déjeuner à table (ils sont restés assis pendant plus d'une heure et demi avant d’être servis ... il manquait le pain des hot-dog à la cuisine !). Mais ils sont prêts pour remettre ça demain quand même !

Dorénavant, je les accompagnerai pendant la première heure et demi de stage consacrée à la théorie ; pour traduire ! Un petit groupe de messieurs ira donner un coup de main pour remettre en état les optimist privés de sortie, un autre s'occupera de surveiller les enfants embarqués sur le plan d'eau depuis leurs annexes et un petit groupe de mamans aidera à organiser les binômes pour les sorties et à surveiller toutes ces petites têtes blondes toujours prêtes à disparaître quand elles sont sur terre ! En effet, pour conduire ce stage, la marina ne dispose que d'un prof, Randy, et de Jock, un papy de 70 ans bénévole ! Ce qui fait bien peu d'encadrants pour toute cette marmaille !

La deuxième semaine, ça roule ! Ça roule même tellement bien que souvent, nous récupérons les enfants peu après 14 heures, épuisés par le nombre de sorties ! Au commencement, chacun comptait ses tours ; à ce moment-là, beaucoup refilaient discrètement leurs tours à ceux qui voulaient bien manger quelques miles de plus !

Jock est Canadien. Il vit sur UNLEADED, un catamaran bien ancien …

Randy, lui, est d'ici. Après le cours, il prend parfois place au bout du ponton avec son grand filet. Je ne sais pas si il est rond ou carré, son filet, mais il a des poids sur tout son pourtour.

Il tient une extrémité dans sa main droite, fait tomber le reste de son filet devant lui et équilibre l'ensemble en en posant une partie sur l’épaule opposée. Le filet semble lourd, pourtant, une fois bien positionné, l'ensemble paraît léger. Randy guette. Il guette un nuage de petites poiscailles !

Plus personne ne bouge sur le ponton à ce moment-là, la majorité des enfants sont en effet déjà partis depuis longtemps, mais il y en a toujours deux ou trois qui attendent que Randy sorte, à l'ombre d'un flamboyant.

Le moment venu, Randy étend son bras gauche sur le coté, rabat son bras droit sous son bras gauche et d'un geste ample et fort, lance le filet bien à plat en rouvrant son bras droit. Tout son corps accompagne le filet qui tournois comme la robe d'une danseuse en plein bal. Il se pose avec une douceur extrême sur la surface de l'eau puis disparaît. Randy compte deux, trois, quatre secondes puis il tire d'un coup sec sur la garcette qu'il a conservée dans sa main droite. Il ramène le filet sur le ponton, et il rit à pleins poumons à la vue des enfants si sages l'instant précédent qui se précipitent, le corps penché, les yeux rivés sur le résultat de la pêche miraculeuse. On dirait que le filet est pris de hoquets. Son ventre se soulève. Et puis la danseuse a trouvé des diamants au fond de l'eau ! Des éclats argentés nous éblouissent. Le pêche est bonne. « Waouh » s'exclament-ils tous. C'est même trop, les plus jeunes en perdent le langage ! Et Randy rit de plus belle. Arrive la récompense : retirer délicatement chaque diamant du filet, sans le blesser. Un fois le seau rempli, le filet vidé, on remercie la nature. Les enfants sont aux anges, le sourire jusqu'aux oreilles. Fiers d'avoir vécu ce moment privilégier.

 

Puis nous ferons la connaissance de Véronique, le soir de ses 40 ans et de son mari Stéphane. Ce couple de franco-canadien navigue sur ESPLORISTO, un Bénéteau avec Chloé, 9 ans et Léa, 6 ans.

 

Entre les deux semaines de stage, nous partons en week-end dans le sud !

Direction Hog Island Bay. Nous espérons y rejoindre ZEEMO, avec Jean-Pierre et Nadine. Malheureusement, après avoir essayé vainement de mouiller - par trois fois nous avons jeté l'ancre, par trois fois nous avons dérapé - nous finissons par attraper une bouée dans Prikly Bay, un baie à côté, mais trop éloignée pour rendre visite à nos amis ; nous espérons que l'occasion se représentera plus tard. Au pire, nous nous verrons au Salon Nautique de La Rochelle l’année prochaine ou la suivante, section chantier META, bateau Joshua !

SOCA se trouve amarré tout à l’entrée de la baie. L'emplacement est parfait !

Il y a, tout d'abord, très peu de sédiments car la mangrove est loin, tout au fond de la baie. Les filles peuvent donc passer tout leur temps dans l'eau, Stéphane sous la coque (désherbage oblige ! nous avions même un spirographe dans le siphon de l’évier!) et moi, sur le récif voisin, espionnant la vie sous-marine par moins d'un mètre de fond! La classe quand même !!

Ensuite, la terre étant toute proche, les chants d'oiseaux parviennent -enfin- jusqu'à nous ! Quel plaisir immense de les entendre à nouveau piailler, du matin jusqu'au soir ! A Saint-George, nous sommes bien trop loin de la terre, pensais-je alors, et puis c'est la ville là-bas, y'a pas d'oiseaux. Ici, c'est la nature. Ça nous fait du bien l'air de la campagne !

Et puis comme toujours, nous retrouvons ce ciel, immense. Une succession de tableaux, de styles, Une heure pour chaque peintre, chaque peintre y retrouve son heure. Matisse, Gauguin, Le douanier Rousseau, et même Turner. Et les nuages qui glissent, ronds, moelleux, étirés, le ventre plat, très blancs ou grisés, mais roses aussi parfois, et puis oranges, mauves, jaunes et violets. C'est que les couchers de soleil sont tellement extraordinaires. Si je les peignais, on me féliciterait « Quelle imagination ! »… et pourtant, le ciel s'embrase bien réellement, et quand cela arrive, il prend une couleur orange-sanguine hypnotisante. On se sent tout petit, mais on ne le lâche pas des yeux. La raison nous dit que c'est parce que l'on sait que bientôt tout aura disparu, le soleil se couche si vite... mais la vérité, c'est qu'il nous a ensorcelé … Une fois passé sous l'horizon, il semble happer la couleur vive ou bien est-elle timide et préfère-t’elle rester tout contre lui et le suivre de l'autre coté du monde. Je ne sais pas. Restent alors toutes les autres couleurs, les nombreuses autres. Il faudrait que je cherche un Haïkus pour ça. D'un bout à l'autre de cette immensité bleue, le bal des tons pastels s'improvise. C'est leur tour de show. Ces couleurs glissent sur les nuages ; ces deniers jouent le jeu. Éléments essentiels du tableau, ils captent, apprivoisent, se gonflent des couleurs jusqu'à traduire leurs intentions en un jeu scénique, en jeu d'ombres et de lumières. Le spectacle est bien rodé, pourtant fait de l'impermanence, de l'instant fugace. « Cette fois-là, nous avons vu ... ». Seule l'heure du spectacle ne change pas. Toujours trop tôt !

Et enfin, comme toujours, dans ce ciel nous retrouvons des avions.

De petits coucous ou de gros porters, de charmants zings aux avions charters, il y en a toujours un pour atterrir ou décoller. A part les très gros, pas de traînées blanches à leur suite. L’aéroport de Grenade porte le nom de Maurice Bishop. Maurice Bishop est un homme politique, révolutionnaire. Il fut premier ministre de 1979 à 1983. Son nom est très présent dans les Grenadines.

 

Et puis il est temps de rentrer ; demain, y'a école … (de voile !).

Le retour se fait lentement. Le temps est aussi pressé que nous !

Nous retrouvons presque notre place ; les filles retrouvent complètement leurs habitudes : et un petit tour sur LA MERE VEILLEUSE, et on part prendre des nouvelles des PINOCCHIO. Finalement, les plus petits rentrent au bateau avec Armance, et les plus grands restent dans l'eau derrière LA MERE VEILLEUSE. C'est la fête qui continue. Elle est pas belle la vie ?!

 

Même si le mouillage n'est pas le meilleur que nous ayons testé en terme de visibilité sous-marine, malgré les petits 3 mètres d'eau sous le bateau, nous verrons une superbe raie, de beaux Coffres Graffiti, des Anges des Caraïbes, des Demoiselles Jaunes et de nombreux petits Coffres Baguette, trop mignons. Ces derniers se baladent souvent le long notre chaîne, à proximité de l'ancre. Ils semblent picorer.

Entre-temps, Stéphane et Manu font l'acquisition de leurs nouveaux moteurs hors-bord deux temps. Stéphane un 9.8 chevaux, Manu un 18 chevaux ! Les enfants sont dingues de ces acquisitions. Ils en rêvaient, le jour de l'achat étant régulièrement repoussé, temps de négociation oblige … Mais à vrai dire, je ne sais pas si les plus « dingues de ces acquisitions » sont les enfants ou les papas. Une chose est sûre, c'est qu'à peine installés sur les annexes, les papas et la marmaille faisaient des tours et des détours dans le mouillage. Oui, mais pas trop vite, « il faut une période de rodage » disent-ils haut et fort, pour que les mamans entendent bien, des fois qu'il faudrait qu'elles le leur rappelle ….

 

Un matin, c'est RV à Carenage, 8h45 ! SEA YOU, ESPLORISTO, PINACLE ( Robert -Bob et Ginette -Gigi) LOUISIANA et nous ! Ça fait un paquet d'annexes !

Direction la gare routière où nous n'aurons pas de mal à privatiser un bus collectif ; nous sommes tellement nombreux. On s'entasse, on joue des coudes, on se faufile. Nous rentrons tous ! C'est parti pour la journée !

Première visite : la Grenada Chocolate Company, et je n'ai rien imposé ! Ben oui ! Y'a pas qu'moi qui aime le chocolat !

C'est hors d'age. Tout petit. Les murs épais gardent la fraîcheur. Il y a une quantité de machines, petites ou de la taille de la pièce. Toutes ont leur utilité : 5 pièces pour 5 étapes depuis le tri des fèves de cacao jusqu'à l'emballage des tablettes dans deux feuilles de papier différentes, l'une pour protéger le chocolat, bien épaisse, elle est pliée par les dames, l'autre pour le marketing, collée à la colle U ! Les dames portent une charlotte. Elles écrivent des choses sur chaque feuille d'emballage. Elles sourient, elles sont bien. Aucun geste n'est précipité. C'est du chocolat Bio (« organic » en anglais) « parce que c'est plus simple comme ça » nous dit-on. Les cacaoyers, il y en a de partout sur l’île. S'il fallait les droguer chacun …. Pas possible ! « et puis ça tombe bien, c'est meilleur aussi comme ça » !

La dégustation est exceptionnelle. Ce ne sont pas des bâtons qu'ils nous offrent mais des morceaux de 2cm d’épaisseur au moins. Tout ce chocolat noir (80% minimum), on en a plein la bouche, il colle au palais. Les yeux se ferment, les têtes savourent. Souvenirs d'enfance ? Nos mains sont grasses, on a envie de se les passer sur le visage, de s'en enduire le corps. Je vous laisse imaginer les enfants … !!! My God !

Et avec tout ce magnésium, la journée promet d’être longue !

La Chocolaterie travaille sous la forme d'une Coopérative ; « The Tree to Bar Cooperative » Elle reçoit ses fèves d'un peu tout le monde qui en a dans son jardin.

« We are the coca farmers. We've made this chocolate for you from tree to bar with our delicious Grenadian Trinitario cocoa beans. Nestled in the lush Caribbean rein-forest, our organic farms bear beans world famous for their rich, complex flavour. Our small-batch process preserves the true tate of Grenada's cocoa. Solar energy powers our factory in the bright Caribbean sun ».

Dave, notre chauffeur pour la journée (infirmier les autres jours), nous conduit dans une ancienne Habitation abandonnée où étaient cultivés les cacaoyers en grande quantité, avant. La maison est magnifique. Elle ne tient plus debout ; enfin si, mais ça tient du miracle. Peut-être est-ce l’énergie que dégage la plantation à ses pieds, qui la maintient droite et digne. Des frissons me parcourent le dos au souvenir de ce lieu. Était-ce la lumière, la douce chaleur, est-ce du fait de la forme particulière de ces arbres, la forme de leurs fruits ? J’étais comme envoûtée. Nous l’étions même tous, car jusque-là nous étions tellement bruyants que c'en était fatigant. Et à peine un pied posé dans l'herbe grasse, tous se taisait. Chacun partait de son cotée, faisait son pèlerinage. Même les enfants ne parvenaient au mieux, qu'à murmurer.

Mais une fois rentrés dans le bus, le silence, rompu !

Après quelques détours, nous descendons à la River Antoine Rhum Distillery. La chaleur nous écrase. Les enfants cherchent l'ombre. S'en fichent un peu du rhum …. Sauf du Jack Sparow ! Mais là, River Antoine, c'est pas magique comme nom. Ils nous suivent quand même.

C'est pire encore que la chocolaterie. Ma foi, il faut de la volonté pour arriver à un résultat avec les moyens qu'il y a là ! « Ah, c'est à l'ancienne » nous raconte notre guide « et on ne veut pas que ça change » . Donc, pour être précis « à l'ancienne » signifie avant 1900.

Je me rassois. J’étais partie prendre des photos de dauphins s'amusant à l’étrave ! Nous sommes en nav' là tout de suite maintenant ; une tranquille petite nav' ! J'en ai de superbes, de photos, mais il va falloir attendre ! Stéphane et les filles, accrochés au génois, ont entendu le souffle des dauphins lorsqu'ils jaillissaient de l'eau ….

Je reprends donc. A l'ancienne !

La canne pressée se charge en sucre dans les « pots » en fer pendant 24 heures (ces « pots » servent aussi à la « danse du chocolat/ dancing chocolate », pour séparer les fèves de cacao de leurs fines peaux). On les déplace ensuite dans des cuves où elles fermenteront pendant trois jours et enfin, elles finissent à la distillation, encore d'autres cuves.

Celles que nous avons vu en étaient à une étape transitoire dans la fermentation. La bouillie était brune, très épaisse. En surface, il y avait comme de la mousse. Des bulles explosaient régulièrement dans un petit bruit sourd. Les mecs ont tenté d'y goûter. A leurs grimaces, nous avons compris. Nous ne goûterons pas la bouillie malodorante…. Ouf, la sortie est proche ; la chaleur plus la fermentation … avons besoin d'un coin d'ombre. Mais paff, nous tombons sur la gueule grande ouverte d'une des cheminées qu'un homme, torse nu, nourrit. Nous nous écartons. D'abord cette chaleur est si sèche, si rêche, elle nous déchire le visage et puis la vapeur d'eau nous incommode, « elle nous fait tourner la tête » !

Nous sommes sur le chemin, la tête nous tourne encore « mon manège à moi », on ne sait plus trop bien pourquoi. La lumière crue après l’obscurité ? Les relents d'alcool ? La chaleur peut-être, tout simplement ... On laisse passer un tracteur, on le suit même, il a l'air de savoir où il va. Mais la guide nous fait signe, c'est par là. Elle semble habituée aux moments d'absence de ses visiteurs … Nous voilà dans la cave. Dans l’obscurité, à nouveau. Dans la fraîcheur. Ici, des dames collent les étiquettes sur les bouteilles de rhum, des messieurs les remplissent et un dernier les ferme et les range dans des cartons. Toujours à l'ancienne.

Le remplissage, c'est drôle. Le rhum se trouve dans une grosse bonbonne munie d'un bec verseur. La bonbonne est complètement ouverte sur le dessus et recouverte d'un genre de moustiquaire en tissus qui va servir de filtre.

Le monsieur fait couler du rhum dans le fond de sa bouteille. Il couvre le goulot de son pouce et secoue énergiquement « C'est pour désinfecter » nous dit-il. Il verse ce fond de rhum dans la bonbonne, à travers la moustiquaire, puis il remplit la bouteille avec ce même rhum. Il passe la bouteille à son voisin.

Pour l'export, ils produisent des rhums à 69° car à 70° les bouteilles ne pourraient pas prendre l'avion : elles seraient inflammables. A 69, c'est OK.

Pour la consommation locale, le rhum est à 80°, et tout se vend !

A la dégustation, il y en avait un à 70°. Pour déboucher le nez, c'est plus efficace qu'une pastille Vicks ! A consommer … le problème, c'est qu'il brûle tellement les lèvres qu’après, on n'a plus la sensation du verre … Je reste perplexe. Dire qu'en France, on ne trouve plus d'alcool à (seulement, finalement) 90° dans les pharmacies …

Il est temps de manger. Tout le monde commence à tourner de l’œil. Dommage, j'aurais bien flâné un petit peu dans leur jardin potager. Les plans de haricots sont immenses, plus de 2 mètres. Et les haricots qui poussent dessus, Bigre, 30 centimètres au bas mot. J'imagine la longueur des fagots ! Ils ne rentreraient pas dans l'assiette pfff

Direction Grenville. « Second larger town in Grenada. Vintage churches and plantation homes decorate the vibrant sea-side community. Home of one of the largest nutmeg processing stations helping make agrenada the second largest producer of nutmeg in the world ».

Aujourd'hui, c'est jour de marché. Les rues sont encombrées. Le point et l'heure de rendez-vous sont donnés, nous nous séparons en petits groupes.

Pour nous, ce sera une rôtie au mouton, comme à la Barbade : une préparation à base de mouton au curry et de pomme de terre est roulée serrée dans une tortilla de on ne sait pas quoi. Rien à voir avec celles de Old el Paso ! Et c'est excellent … et ça cale aussi !!! Y aurait eu un hamac dans le coin que je m'y serait volontiers installée. Mais voilà, visite touristique guidée en groupe à la journée rime avec faut s'grouiller ! Et nous voilà repartit, arpentant la ville de long en large et en travers. Elle se situe sur la côte au vent. Effectivement, elle est plus « sauvage » que celle que l'on peut trouver du côté de nos mouillages, côté sous le vent.

Le retour est silencieux ; ça roupille et ça bavouille sur l’épaule de son voisin ! Ceux qui sont éveillés grignotent des quénettes, un petit fruit vert à l’extérieur, jaune à l’intérieur avec un énorme noyau. C'est âpre au palais, mais fruité et juteux. Des sachets à 2 EC$ pièce sont vendus à tous les coins de rues ; les bords de rues sont jonchés de cette peau verte et de leurs noyaux. C'est bio … !!

Nous passons par le marché où nous retrouvons notre ami qui se fait appeler Dale Man. C'est qu'il vend des Dales, des sortes de rôties « but, with no flesh ! » sans viande. Et ça, ça paraît extrêmement important ! Peut-être les Rasta ne mangent-ils pas de viande ? Va savoir. Il circule avec son papier en osier « Dale, dale, who wants some dale ! ». On lui en prend 4. Puis nous passons faire un petit tour par l’échoppe de la mamie pour nous rafraîchir de ses Golden Apple Juice.

Le lendemain, c 'est reparti pour les Concord Waterfalls. Juste nous quatre. On prend un bus-co, le numero 5, direction Gouyave. Il nous dépose à une intersection et après on grimpe dans la montagne. La route est belle ; on fera notre marché sur le retour : papayes, ananas sauvages, piments doux, oranges, citrons, noix de muscade !

Là-haut, on trempe nos pieds … seulement. L'eau est froide, elle coupe. Il y a quelques singes, en cage ou en laisse. Les filles les préféraient en liberté, « comme à la Barbade ».

On attend longtemps un bus-co pour le retour. Il ne reste jamais 4 places dispo. Quand enfin on se décide de se séparer, celui qui se présente peut nous accueillir tous les 4 ! Mais le chauffeur, c'est Fangio ! Je suis assise sur un strapontin, et mille fois j'ai failli voler à travers le bus. C’était trop fou, le chauffeur aurait dû se rendre compte de ce qui se passait à l’arrière de son bus, les corps secoués dans tous le sens, tous échoués à gauche, puis à droite. Stoïques, les gens ne disaient rien. Je riais tellement fort à l’intérieur de moi ! C’était dément ! Les yeux d'Armance m'appelaient à l'aide ; une imposante mama lui avait déjà réquisitionné la moitié de son siège et grappillait quelques centimètres supplémentaires à chaque virage. Mais elle était trop loin, juste à côté pourtant... Alors je lui ai soufflé « Ah, qu'est-ce qu'on est serré au fond de cette boîte » et un sourire s'est esquissé sur son visage pale puis je l'ai vu tenir bon, le regard déterminé et les épaules larges.

A l’arrivée nous nous sommes dit que l’épopée méritait bien que nous nous arrêtions chez la mamie !

L’après-midi, Stéphane dessale notre « ancien » moteur ; il lui fait un petit nid douillet bien au chaud.

 

Lundi 14, c'est J'Ouvert, qui ouvre le Carnaval.

A 5h, tout le monde est sur le pont. Un verre d'eau, un café. A 5h30, nous sommes accueillis à la sortie du ponton par une forte odeur de chocolat chaud et par le grand sourire du gardien ! Les rues sont enduites de chocolat et d'huile de vidange, et les corps aussi ! Ça glisssse ! Pour ceux qui veulent s'en tartiner le corps, des seaux de chocolat et des jerricans d'huile sont disséminés à droite à gauche. Nous avions été prévenu « Habillez-vous avec des vêtements qui ne craignent pas ! »

Des stands de musique sont installés tout le long du lagon (Lagoon), sur la rue qui mène à Carenage. Les gens dansent ; ils passent d'un stand à l'autre. Les plus mordus font le Show : avec leurs casques à cornes, le visage dissimulé derrière des masques inquiétants, un boulet et une lourde chaîne accrochée à leurs chevilles, noirs de chocolat et d'huile, ils livrent bataille contre un oppresseur absent, un ennemi virtuel, et ils boivent de la bière !

Le soleil est déjà haut quand notre faim nous ramène au bateau. On se sent d'humeur à petit-déjeuner. Pour éviter de retourner nous allonger, nous faisons un plouf, qui dure, qui dure … l'eau est claire, nous nous régalons à regarder les Coffres-Baguettes gloutonner notre chaîne !

L’après-midi, en l'honneur de Carnaval, une fête est organisée par le bateau ESPLORISTO : les adultes viennent, repartent, puis reviennent dans un balai incessant. C'est qu'il n'y a pas beaucoup de place, les plus anciens installés doivent laisser leur place aux nouveaux venus qui deviendront des « anciens installés » à leurs tours ! Les enfants, eux, restent : ils sont 11 à jouer à la jupe. Ils prennent une place phénoménale : chaque bateau à rapporté sa ou ses planches. ESPLORISTO triple sa longueur ! Les annexes passant prennent large !

Le soir, c'est la fête des Lumières. Une procession de diodes colorées, de bracelets fluorescents, de bâtons lumineux à craquer. Stéphane s'y rend seul. Il y avait des milliers de personnes, avançant comme en procession derrière les chars qui crachaient leurs musiques. Spectacle intimidant presque solennel, d'une grande force nous dira-t'il.

 

Le lendemain, c'est Carnaval. Enfin ! Tout ces préparatifs pour … aujourd’hui !

Nous déjeunons au UMBRELLA, sur la grande plage de sable blond. Il y fait presque frais. On y est bien. Hot-Dogs et Hamburgers. En dessert : Cheese Cake au Passion Fruit et Brownie avec Vanilla & Nutmeg Ice Cream, Whipped Cream on the top ! Aux Etats-Unis, nous n'aurions pas fait mieux !!!

Repus (et un peu lourds aussi), nous regagnons le ponton du Yatch Club. Il est 14h30, nous avons manqué le chars des Princesses de Disney ! On voit une Raiponce au loin … ou bien est-ce une Arielle. Rien n'est moins sûr. Hum...

Puis on s'installe, en haut d'une ligne droite. Petit à petit, nous sommes tous là : SEA YOU, LA MERE VEILLEUSE, ISLANDS COYOTE, ESPLORISTO, PINNACLE, LOUISIANA. On applaudit les chars, on fait un bout de route avec eux, on prend en photo ces étoiles d'un jour, on s’émerveille à l’écoute d'un SteelBand (écoutez chez Mamounette ; en vrai, le son est moins dispersé ; en effet, pour avoir la totalité de la partition, j'ai dû trouver la meilleure place entre les 2 chars qui composaient, alors que le premier émettait les sons les plus graves et le second jouait l'air, le son plus léger, envoyait le refrain en somme !). Le soleil finit par se coucher, on n'a rien vu de l’après-midi. Les enfants sont parés de mille bijoux de pacotille, la tête habillée de diadèmes, pourvus d'ailes d'ange ou de papillon, les joues zébrées de rouge, de jaune ou de violet, les cheveux scintillants de paillettes. Trésors glanés.

A noter la dextérité avec laquelle les chars sont renfermés sous des bâches plastiques transparentes avant chaque averses. Car nous ne les avons pas compté, les averses, mais elles furent nombreuses ! En deux temps trois mouvements, les voilà recouverts, les enceintes (énormes !) bien protégées. Aussi, un homme, sur le toit de chaque chars, est missionné pour soulever les fils électrique le temps du passage du camion ! Ça nous a rappelé la République Dominicaine ; c’était pareil là-bas. Quand les camions traversaient La Terrenas, un gars s'occupait le soulever, à l'aide d'un bâton, les fils électriques passant en travers de la route : il marchait depuis la cabine le long du toit jusqu'à ce que le camion ait passé l'endroit. C’était son boulot ! C’était original ! C’était nécessaire !

Je rentre avec les filles et Alexia. Il fait nuit, les Gonzinettes sont exténuées. Les gars, Robin, Marius et Émile, sont rentrés depuis longtemps. Chloé et Léa aussi. Restent Noah, Swan, leurs parents, les couples sans enfants et Stéphane !

Nous préparons une grosse casserole de pâtes. Mais il n'en reste plus pour papa. Heureusement, ils mangent en ville ! De toutes façons, Stéphane n'aurait jamais eu l’énergie nécessaire pour s’asseoir à table !

 

Le lendemain, nous sortons de bonne heure faire le reappro, demain direction TOBAGO et « Oh miracle », la ville est propre, entièrement débarrassée de tous ses gobelets, de ses bouteilles, de ses seaux … Les rues ont été frotté, entièrement nettoyé ! Les voitures ne déraperont pas. Et pas un bruit, pas une note ! A minuit, hier, la musique a cessée. Comme c'est étrange, désormais, le silence ...

 

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