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TOBAGO

September 11, 2017

Tobago

Du jeudi 17 Août au 11 Septembre 2017

 

 

Baie de Saint-George, Grenade, jour de départ pour Tobago.

 

Le soleil brille déjà, l'air est bien ventilé, la houle, douce, ne nous dérange pas le moins du monde. Le café sent bon le café et les tartines sont … pas grillées. C'est pourtant meilleur grillé. Humm... mais voilà, c'est comme ça.

Il faut savoir que pour nous, les jours de départ sont toujours très compliqués. J'ai pourtant l'impression que nous sommes prévoyants, organisés, soucieux de ne pas prendre un jus juste avant le départ, d’éviter le stress pour partir sereins, calmes et confiants, tout tournés vers la nav' qui nous attend, le nouveau pays qui va nous ouvrir ses portes, l'amie mer qui va devoir nous sup-porter entre-temps. Pourtant, nous nous retrouvons toujours avec des tâches Exceptionnelles ces jours-là, à faire de choses que nous n'aurions absolument pas pu faire avant : remettre l'annexe à l'eau après une opération « rustinage » et s'assurer que le chméleuleu remplisse bien ses fonctions, y installer de la moquette synthétique d'un vert bien pétant pour protéger son fond. J'en passe bien sûr, mais quand la mémoire me reviendra…. !

La faute, je dirais, au temps des formalités (oui, je suis issue de la génération « Cluedo » : qui ? mais qui est le coupable ? ...)

Faire les formalités, une notion simple et claire comme bonjour. Pourtant, elle représente pour moi, qui en suis -réflexion faite- souvent exclue par ailleurs (« Captain only, the crew stays on board thank you » «  Seulement le Capitaine, l’équipage reste à bord Merci »), la chose, l’évidence, la plus incertaine que je n'ai jamais ressentie … C'est qu'on n'est sûr de rien. Voilà ! Incroyable, in-entendable ?!! C'est comme ça. Et puis, impossible de prévoir ce qui va bien pouvoir nous tomber sur la tête; c'est peine perdue. On n'a pas l'imagination à la hauteur de la mission. Alors ...

Ce doute de « concrétisation » des formalités laisse ainsi planer une des-organisation familiale, genre comme si une bouteille de Coca-Cola tombée du ciel pouvait enfoncer si profondément notre ancre que nous ne pourrions la relever ... Eh eh ! why not après tout ?

Résultat des courses, ces journées sont compliquées. On avance à tâtons, comme dans un brouillard Londonien. Un chouïa stressantes quand il est question de fenêtre-météo, et encore que … Finalement, on s'y fait et … conclusion de l'explication : nous nous mettons au diapason ! Voilà pourquoi cette journée est compliquée ! « That's the way it is » (C'est de cette façon que c'est), ou « Dat de way it is » comme nous pouvons le lire si souvent à l’arrière des Taxi-co (bus pour 9 à 14 personnes). Alors, Acuna matata !

 

Donc, Stéphane rentre des douanes une heure après être parti « Wahou, déjà ? » « Non, on (sous-entendu Manu et Stéphane) n'a rien pu faire, faut y retourner à 11heures » « Ah, okay » alors continuons de dérouler notre planning jusqu'à 11 heures dans ce cas …

Et c'est parti pour un tour des au-revoir aux bateaux-copains de la baie.

Midi et demie, yes, nous sommes en règles. Avec les SEA YOU,on se donne rendez-vous vers l’entrée du port pour 14h ; nous devons faire le plein de gas-oil.

A 14h, nous passons devant les SEA YOU. Le bateau nous paraît bien calme pour un jour de départ. Manu, avec son petit sourire embêté nous dit « Non, on le sent pas ; on part pas aujourd'hui ». Un doute planait sur le fonctionnement de leur moteur et de leur pilote. Bien sûr, nous comprenons. C'est tellement important. Et à Tobago, il ne faut pas espérer pouvoir trouver quelques pièces que ce soit ... Ce n'est pas Trinidad ! « On se retrouve à Charlotteville ! ».

Oui mais d'abord, nous tournerons presque une heure dans le port : c'est la queue à la station essence. Une seule pompe dans un virage improbable. Comme par hasard, une grande compétition de pêche va avoir lieu dans la nuit à Bequía, et tous les bateaux de pêche ont décidé de faire leur plein juste avant de partir !

Il est 15 heures, nous prenons le large.

Nous longeons le sud de Grenade. Au passage de Hog Island, un coup de VHF, nous saluons les ZEEMO, Jean-Pierre et Nadine que nous félicitons pour l'occasion : Nadine est grand-mère pour la 4eme fois !

Nous assistons à un coucher de soleil grandiose avant de reprendre nos petites habitudes de nav' de nuit.

 

Tobago est une île au-vent, Est Sud Est. On y va au près la plupart du temps, au moteur les jours sans vent ou on entend la fenêtre qui va nous proposer un vent de Sud Sud Est. Finalement, nous étions Est Sud Est ; nous appuyons notre avancée au moteur.

C'est une belle nav'. A 5h, je réveille Stéphane. « Je comprends pas ; c'est quoi là-bas ? ». Ça ressemble à une plate-forme très éclairée. En est-ce une ? Un cargo ? Stéphane ne comprend pas plus que moi. Attendons …

Le temps passe, nous avançons. C'est la terre qui est à ce point illuminée ! Charlotteville même!!Sacré accueil ! Une escorte de petits dauphins tout grassouillets, le « bidou » bien blanc et rebondi nous ouvre même le chemin de la baie. Ah ben là, y'a plus d'mots ! Si, Respect !

Il est 7 heures. Nous mouillons dans 12 mètres d'eau (ce qui fait beaucoup, sachant qu'il faut mettre environ 3 fois la profondeur en chaîne ; trois fois et demi au-delà de 10 mètres de profondeur. En gros, toute notre chaîne est de sortie!)

Une grosse pluie vient dessaler SOCA. Nous allons finir par y prendre goût ! Ça a quelque chose de magique ?!

 

Back in the 17th Century ….

One of our most favourable marketing reports on Tobago dates back to 1683 when Englis Captain John Poyntz (1629-1712) write the following recommendation :

«  … Tobago – about forty leagues distant from Barbados but far excelling that island, and indeed any other of the Caribbee Islands, in the fertility and richness of the soil and in the commodiousness of its bays and harbours, and it is no paradox to affirm that though it lies more south, the air is as cool and refreshing as that of Barbados and yet exempted from those affrighting and destructive hurricanes that have been often fatal to the rest of the Caribbee Islands. And I am persuated that there is no island in America that can afford us more ample subjects to contemplate the bounty and goodness of Our Great Creator than this of Tobago. »

 

 

A 10 heures, frais comme un gardon (pfff), Stéphane part (seul, donc), faire la clearance.

A midi, je m’inquiète sérieusement. Il rentre un quart d'heure plus tard « C'est qu'il y a beaucoup de papiers et rien n'est informatisé ! »

Mabrika ! (« Bienvenu » en langue Amérindienne d'ici).

Ainsi autorisés à poser le pied à terre, nous faisons le tour de Charlotteville dans l’après-midi.

Cette charmante petite ville est lovée, bien à l'abri au creux de la baie, entourée de collines verdoyantes. Le centre est minuscule. Nous ne croisons que des hommes. Pas de femmes, pas d'enfants. Les maisons sont simples, colorées. Toujours sur pilotis, pour celles à flan de coteaux. Elles paraissent solides. Il n'y a pas de vitres aux fenêtres. Des barreaux, parfois.

Sur le retour, attirés puis convaincus par une bonne odeur de cuisine, nous prenons en Take-away (à emporter), 4 barquettes en polystyrène -comme en trouve tant dans les Caraïbes- de Poulet-frites. Les frites sont spéciales. Indéfinissables, mais bonnes :) Désolée. Enfin, sans l'odeur, nous n'aurions sans doute jamais trouver ce lolo tellement bien planqué derrière une maison abandonnée et le bâtiment délabré dans lequel nous découvrirons plus tard la laundry ! Et tout était très bon !

Et puis le glacier ouvre. C'est son heure. Sur sa porte, une pancarte propose une multitude de parfums. En vrai, il n'a que de la coco. Les deux machines de glace à l'Italienne (les dernières que nous ayons vu datent de St Martin!), ne fonctionnent plus. De toutes façons, il n'y a rien de meilleur que la glace coco locale, alors … !

Le soleil se couche. Un rouge flamboyant embrase le ciel.

Étrange. Sur le chemin du retour, nous trouvons une paire de tongues, bien rangées l'une contre l'autre et, personne autour ….

A 19h30, vannés, SOCA s'endort, repu.

 

Le lendemain, les filles partent à l'attaque … du travail scolaire. Ça leur manque, semble-t'il ! Cassandre a récupéré les cours de 5ème auprès de Swann ; Armance s'amuse sur un livret de maths d’été. Stéphane et moi sortons en ville ! Nous sommes samedi, fin de matinée, et c'est bien simple, tout est fermé. Pas de marché, les rideaux de l'Office de Tourisme sont baissés, le bourg semble inanimé.

Nous faisons la connaissance de Dean quand même. Il est Guide Officiel. Il perd les touristes, avides de découvrir les oiseaux locaux, dans la rain-forest ! Il dit également être imbattable sur ce qui concerne la flore et la faune. Mais il prend cher : 250 TT$ par personne. Ce qui est énorme pour ici. Nous allons réfléchir, même si, ce qui est important sur Tobago, c'est la richesse de sa nature...

Tobago fut la première île de l'arc Antillais à mettre en place une Réserve Naturelle Protégée.

 

TOBAGO The smaller of two main islands wich are known as the Republic of Trinidad & Tobago. The 300 sq kms are made up of rain forest sited on hilly & volcanic terrain, with many waterfalls. The Tobago Forest Reserve (Main Ridge Reserve) claims to be the oldest protected forest in the Western World, dating from April 1776.

 

Nous faisons également la connaissance de Matthew, un pêcheur ? Un marcheur ? Un joueur ? Nous ne savons pas trop. Nous ne saurons jamais. Une chose est sûre, c'est qu'il ne possède pas grand chose et qu'il est heureux ! Il venait d'amarrer la barque qu'il nous a alors présenté comme étant son bateau de pêche à sa bouée, et il avait besoin d'un « ride » pour regagner le ponton. Nous le récupérons donc et le débarquons, avec sa planche qui lui sert à s'en retourner quand le touriste ne se présente pas et sa canette de bière ! Il n'a plus beaucoup de dents mais toujours un large sourire, jusqu'aux oreilles ! Ces yeux bleus ne lâchent pas ceux de son interlocuteur ; ils scrutent les réactions, les étoiles, ... Il veut savoir si nous sommes heureux, si nous apprécions son île. Il veut que notre séjour se passe formidablement bien ! On le sent, du fond du cœur il y tient.

Et notre séjour se passera formidablement bien ;)

 

Nous effectuerons une plongée (minimum) quotidienne. Soit pour nous détendre ou pour jouer, soit pour nous rafraîchir. Parfois pour chasser. Stéphane ramènera une très belle langouste !

C'est ici que nous verrons les plus gros poissons de l'arc Antillais : l'Ange Français est énorme, les Perroquets tout aussi gigantesques ; des mastodontes ! Nous voyons aussi beaucoup de turbots. C'est très moche comme bête, ça, le turbot. On les trouve posés à plat sur les fonds sableux, bien étalés comme des galettes. Leurs yeux, sur le dessus de leur corps, sont étrangement positionnés ; ils ne suivent pas l'axe logique. On pourrait croire qu'ils ont été bercé trop près du mur... Quelle est la raison de cette difformité ? Il y a aussi de drôles d'oursins. D'autres galettes pour le coup ! Eux aussi sont plats et ronds. Ils avancent sur le sable, on croirait des soucoupes volantes. Au centre de la galette, sur le dessus, une très belle étoile est gravée. Nous pensions en récupérer un « sec », mais tout ceux que nous avons trouvés étaient vivants. Beurk, avec leurs centaines de petites pattes qui vous chatouillent le creux de la main. Épais comme ça l'est, cet animal doit aussi être d'une intelligence très primitive …

Et puis il ne faut pas oublier les plusieurs journées où sévît le fameux Inshore Current : il créa des vagues énormes. Des jeux, il y en a eu ! De « balèzes » rouleaux s’écrasaient alors sur la plage de Pirates Bay, dont la configuration particulière faisait repartir les vagues vers la mer, prenant alors le baigneur en sandwich, entre deux eaux. Bien sûr, ce petit jeu plut beaucoup aux enfants, les adultes regardant la scène, depuis la plage, d'un air inquiet, perplexe aussi parfois devant les rires enthousiastes des enfants. Heureusement, le fond est fait de sable. Armance y laissera un masque tant elle fut secouée. Pas un poisson qui traînait dans le coin ces jours-là, ou alors, étaient-ils vraiment bien dissimulés par l'eau troublée pour l'occasion.

 

Une éclipse de soleil et nous voilà lundi. C'est l'occasion de franchir la porte de l'Office du Tourisme. Une dame nous accueille chaleureusement. Elle nous explique tout, nous donne des prospectus, des plans, des agendas, des guides touristiques. Tout ce qu'il y a dans son armoire. Nous lui parlons « balade ». Elle nous répond, avec une certaine gêne, de ne pas trop nous aventurer dans la forêt. C'est compliqué, épais, y'a des trous et plein de bêtes, donne t'elle comme explication à notre « Why ? ». Nous n'aurons pas l'occasion de comprendre le pourquoi de cette gêne. Le « vrai » pourquoi. Mais nous irons y faire une grande balade quand même, et quelle merveille ce fut !

Pour revenir à cette dame, elle est charmante. Nous irons nous installer dans les canapés confortables de l'OT à de nombreuses reprises ; au moins nous n’étions pas frigorifiées comme nous l’étions à la Bibliothèque Municipale (néanmoins magnifique). Elle nous avait dit de ne pas hésiter, que l'Office de Tourisme était là pour ça et que même, si Stéphane et moi voilions marcher sans les enfants, ça ne la dérangeait de les garder ici ! Un après-midi, elle regardait un film Américain sur YouTube ; deux amoureux au moment de noël... Stéphane et moi faisions nos devoirs ; les filles, elles, visionnaient le film par dessus son épaule qui riait franchement et s’émouvait librement ! C’était drôle. Une fois aussi, elle reçu un coup de fils, sur son portable. Mon dieu que la personne a dû regretter de l'avoir appelée. Elle l'a enguirlandé, sans retenues aucune ! Une autre fois, elle nous avait prévenu « Demain, l'Office du Tourisme sera fermée. Je vais chez le coiffeur », nous expliquant qu'il s'agissait-là d'une coiffure très spéciale qu 'elle se faisait faire, qui ne pouvait se faire qu'à Scraborough. Voyant que nous ne comprenions pas vraiment de quel genre de coiffure il était question, elle nous avait dit «  Passer le lendemain, vous verrez bien ! » un grand sourire aux lèvres, l'air heureux et sûr d'elle. Elle savait qu'elle serait craquante, et elle l’était ! Sa chevelure frisée serrée avait été discipliné en un ensemble mèches à grosses boucles. Elles brillaient, semblaient extrêmement douces et toutes légères. Quelle coquette !Cassandre est tombée en pâmoison « J'adore ! ».

 

A cause des bébêtes et des trous dans la forêt, notre première vraie sortie, nous la faisons sur la route du coup. Mais quelle chaleur ! Nos chaussures collent au ciment. Nous ne sommes pas convaincus ; il ne nous semble pas que ce soit ça que nous soyons venus chercher ici. Malgré tout, la balade est très belle. On ne se lasse pas de leurs maisons. On glane des mangues. On fait la balade avec un nouveau chien … On en fera une avec un chat aussi !

 

Et puis vient le sésame qui nous ouvre à la compréhension de l’île. Il porte un nom ce sésame. Lucille. Un beau nom !

 

Nous faisons la connaissance de cette charmante fringante dame en une fin de journée. Elle nous hèle, nous allons à sa rencontre. Elle arbore un sourire magnifique.

Elle nous explique tout. Elle a 70 ans et est originaire d'ici. Elle a cependant passé sa vie à Vancouver et connaît même très bien Oak Harbor aux États-Unis ! A cause de la maladie de Raynau (elle a déjà perdu plusieurs bouts de doigts), elle a dû revenir vivre au chaud. La voilà ainsi établie à Charlotteville où elle tient un tout petit restaurant ouvert sur commande. Elle possède un jardin dans la montagne. Elle y cultive ses légumes et ses fruits. Elle a aussi mis en place un jardin pour les enfants de Charlotteville. Elle dit qu'ils n'ont rien pour s'amuser (à part le stade de foot, qui s'est avéré être la fameuse si puissante source de lumière que nous voyions à plus de 20 miles des côtes!) et qu'ils méconnaissent leur environnement. Elles dit que les gens ne se déplacent plus, qu'ils ont peur de la forêt et qu'ils préfèrent acheter les mangues plutôt que de les ramasser. « Ils trouvent ça génial, les denrées emballées à l’unité » ! Elles dit qu'ils ne se rendent pas compte qu'ils choisissent de polluer. Lucille a cette connaissance. Elle vient du Canada. Mais pour les gens d'ici, les denrées emballées c'est tout nouveau, c'est la modernité, et c'est tellement pratique !

Le rendez-vous est pris pour un dîner. Juste nous quatre. A 18 heures !

 

Effectivement, tout est frais. Tout est fait Maison. Notre coup de cœur ira à la salade de fruits de l'arbre à pain. Délicieuse ! Et puis, le jus de goyave …. hum, avec les filles, on en rêve encore !

Avant de partir, Lucille nous propose de visiter son jardin, demain... « Avec plaisir ! »

Derrière le restaurant de Lucille, il y a un grand ensemble de bâtiments composé de dortoirs semble-t'il, et de vastes salles. On aperçoit du matériel de plongée. Un logo mentionne les caractères suivants : E.R.I.C. En plein milieu de la végétation luxuriante nous évitons une paire de tongues ….

 

Au mouillage, nous faisons très vite la connaissance de PANAMBY, Marcel et Bernadette.

Le Panamby est le nom donné à un très beau papillon bleu du Paraguay. D'un bleu magique disent-ils. Ils ont vécu là-bas dix ans.

Marcel et Bernadette sont des amis de ISLANDS COYOTE que nous avons rencontré à Grenade. Ils sont adorables. Le courant passe tout de suite très bien.

Marcel adore les échecs mais il désespère de ne trouver que l'ordinateur comme adversaire ! Ça ne durera pas très longtemps. Armance se présente, le sourire aux lèvres et l’échiquier sous le bras !

Bernadette est artiste-peintre. J'aurais ainsi l'occasion de papoter aquarelle et peinture à l'huile, et même de pratiquer. Un matin, nous partirons ensemble de bonne heure, photographier les oiseaux dans le jardin de Lucille. Il y a de magnifiques perroquets verts, de grosses perruches bleues, des petits oiseaux d'un jaune pétant et des colibris, oh combien magnifiques... dans le but, bien sûr, de les croquer ensuite, mon enfant !

 

C'est TAMATAÏ aussi qui nous rejoint au mouillage. Nous nous étions rencontrés à Bequía, revus aux Tobago Cays. Les filles sont ravies de retrouver Titouan et Lou. Elles jouent bien de temps en temps avec Helena de MATILDA, mais la communication est difficile. Ils sont Brésiliens ! Par contre, Helena joue aussi aux échecs ! Et là, pas besoin de parler ! En attendant, les deux garçons vont rythmer la vie du mouillage. Et leurs parents, Séverine et Sylvain, aussi !

Le deuxième soir de leur arrivée, ils organisent un apéro sur leur bateau. Chacun emmène quelque chose. Nous goûterons donc une spécialité brésilienne préparée par Regina et de délicieux petits choses sucrées d'origine russe, Moscovite pour être plus précise, préparées par heu… désolée, impossible de mémoriser son prénom, il ne ressemblait à rien de ce que je connaissais.

Ce soir-là, presque tous les équipages des bateaux du mouillage sont présents sur TAMATAÏ ! Nous n'étions que 9 bateaux la plupart du temps, 11 au mieux. La soirée fut fort sympathique. Séverine joue de la guitare et chante vraiment bien. Paulo, l’époux de Regina (le ketch MATILDA) connaît aussi quelques airs brésiliens. L'ambiance était joyeuse et douce, comme l'air ! Les enfants ont fini écroulé devant « Pirates des Caraïbes » je ne sais plus quel numéro, le grand classique que tous adorent et que tous connaissent par cœur !

 

Et puis Marcel et Bernadette nous présentent Clint, papa de trois enfants, un homme heureux. Il est adorable, très serviable, attentif.

Avec son pick-up bleu foncé, Clint emmène les touristes là où ils ont besoin d'aller pour 400TT$ la journée. Pour nous ce sera un tour pour traverser la rain-forest, recharger nos bonbonnes de gaz (au dépôt de Cabwat sur Crown Point - 12,60 TT$ pour recharger 2 bouteilles!) et pour remplir nos jerricans d'essence. Nous reviendrons également avec une machette (maintenant nous sommes autonomes pour sabrer nos noix de coco ! Ce qui régale d'avance notre Cassandre!!) et avec le pavillon de courtoisie de Tobago que nous n'avions pas trouvé à Charlotteville.

A l'aller, nous traversons la Rain Forest (northside Road) où nous apercevons des cocricos à plusieurs reprises (oiseaux endémiques de Tobago, protégés mais braconnés pour leur tendre chaire), par Hermitage, puis Roxborough (la Roxborough – Parlatuvier Road) où se trouve le collège de ses enfants. Puis nous prenons la Windward Road à travers Scarborough la Capitale, pour rejoindre Crown Point, le ville la plus au Sud de l’île.

Au retour, nous passons par Speyside, un très joli petit village de la côte au vent, tout au nord. Il est alors 16h30 lorsqu'il nous dépose au ponton ; nous sommes vannés !!!

 

Notre une seconde sortie à Scarborough, nous la fîmes en bus-co. Départ 8h30. Arrivée : 10h30. Nous en avions déjà plein les gambettes avant même de mettre un pied dehors !

En effet, la route n'est jamais droite, jamais plate. Ça monte et ça descend. Tout le monde glisse à gauche puis à droite ! L'air conditionné, les dames n'en voulait pas, alors les fenêtres étaient toutes baissées (ce qui était beaucoup mieux ; je le pense aussi). Mais nous nous prenions des brassées d'air par moment au point d'en avoir les yeux rougis, le souffle coupé.

Nous faisons un tour, repérons les lieux. C'est plus clairement indiqué qu'à Grenade, on se dit. Nous faisons facilement nos petites emplettes. Les gens nous guident. Nous voyons des Canadiens que nous connaissons entrer dans le port. Nous n'aimerions pas être à leur place. L'Atlantique bouge beaucoup de ce côté-ci et la passe n'est pas facile ; encombrée. Le port n'est pas fait pour accueillir des bateaux de plaisance.

La végétation est luxuriante même en ville ! La moindre bâtisse abandonnée ; la voilà happée. Quelque fois, cette nature est disciplinée. C'est alors du plus bel effet. Et puis il y a toujours un coq, ou une poule et sa marmaille sur un trottoir, qui tente une traversée sauvage de la rue, qui s’égare dans un fossé. Ces derniers sont d'ailleurs toujours aussi immenses, destinés à canaliser les tonnes d'eau qui se déversent quand les nuages s'ouvrent au dessus de l’île.

Nous déjeunons dans une sorte de cantine locale, le BBQ's Buffet, une chaîne d'ici. On nous rempli nos barquettes en polystyrène des mets que nous pointons du doigt. C'est bon. Assez relevé pour une fois. En effet, alors que les étales des marchés proposent toutes les épices du monde, rares sont les plats épicés, ou alors si légèrement que ça ne vaut pas la peine de le mentionner (cqfd Stéphane … qui adore les épices relevées!)

Nous faisons nos courses au Penny Saver, le Carrefour local forma Simply.

Et puis nous galérons à trouver un bus-co. Stéphane garde les courses et les filles, à l'ombre, et c'est moi, qui au milieu de la rue hèle les vans blancs ! J'en ai marre d'attendre ! Ça pourrait être plus clair quand même cette histoire de Bus-co ! Mais, « On n'est pas en Europe ici ! »

Sur le chemin du retour nous remarquons ces escaliers qui partent de la rue pour se fondre dans la verdure. De petits escaliers, pas larges, en ciment, comme à Bequía. C'est surprenant. Parfois, on les voit monter ou descendre, et puis plus rien. Ils sont là, ils n'accrochent à rien sinon au vide.

A 15 heures nous sommes au bateau. Vannés de nouveau ! Nous avons eu si chaud aussi …

Du coup, tour dans l'eau et glace coco !

Nous referons une seconde sortie avec Clint. C’était au moment d'IRMA.

Le matin du départ, Marcel nous déposa au ponton. Depuis deux jours, le fameux Inshore Current, un courant classique qui s’établit chaque année à cette période et qui perturbe quelque peu les habitudes des locaux, nous secouait sérieusement (enfin, c’était ce que nous pensions). Nous ne pouvions laisser l'annexe au ponton ; elle aurait été trop malmené (autant que les filles à la plage … ce n'est donc pas peu dire! L'annexe, elle, n'aurait certainement pas trouvé ça drôle!).

Nous partons tranquillement avec Clint, rassurés. Nos emplettes se passent bien. Nous commençons à bien connaître Clint, c'est agréable. Il parle volontiers de son pays, et de Trinidad, où il nous déconseille d'aller, en ce moment tout du moins. Ces derniers temps, à chaque fois qu'il s'est rendu là-bas, c’était pour enterrer un cousin ou un parent victime d'un coup d'arme à feu. Trois fois cette année. Ça l'attriste beaucoup. Nous ressentons son impuissance. Il existe une grande rivalité entre les quartiers, c'est une question de territoire... nous dit-il.

Nous déjeunerons dans un autre BBQ'S Chef, dans d'autres boîtes en polystyrène.

Et encore des tongues, laissées-là, sur le bord d'un trottoir ...

Au retour, du haut de la colline qui surplombe Charlotteville, nous voyons que la baie est sans dessus dessous. Nous cherchons fébrilement notre SOCA. Il n'a pas bougé ; il est bien toujours au même endroit ! Mais la mer semble devenue folle. La baie est blanche, les vagues moutonnent.

En bas de la colline, c'est stupéfiant. L'eau a mangé la plage. Les vagues s’écrasent contre le remblais construit pour protéger la petite route toute frêle. Le bruit est infernal. Et le petit ponton à annexes en bois, adossée à l'ancien ponton aux ferry… il est submergé. Il se découvre parfois, au creux des vagues. « Marcel, tu viens nous chercher ? » hasarde-t-on à la VHF. Il ramène aussi notre annexe. Nous jetons nos chaussures à l’intérieur. Les filles restent au sec quelques marches plus haut. Elles nous passent les sacs, les packs d'eau, les packs … de bière (la Stag, la bière locale des hommes ! Les femmes préféreraient la Caribe. Voilà, that's the way it is!). Vite, nous remplissons les deux annexes avec notre chargement. C'est que nous avions fait le gros reappro ! Plusieurs fois, j'ai cru que l'annexe PANAMBY allait finir posée sur le ponton ! Je restais vigilante, je ne voulais pas me faire écraser par elle contre le ponton « en dur ». Un creux, les filles rejoignent Marcel. Elles font les fiers une fois sur l'eau vive ! Marcel a une annexe avec un fond rigide et un gros moteur ; il ne se fait pas mouiller comme Stéphane et moi. Mais il ne va pas plus vite que nous... parce qu'il est prudent ;)

Il nous dira que la journée a été un enfer et que le pire semble passé, que personne n'a quitté son bateau au mouillage (à part nous, partis avant la tempête!) et que tous étaient sur leur pont, craignant des dérapages ! « Ah oui ?! ». «  A un moment SOCA était très proche de TAMATAÏ ! » et juste derrière TAMATAÏ il y a les rochers … Heureusement, l'ancre de SOCA n'a pas bougé. Celle de TAMATAÏ non plus. Tous, d'ailleurs, ont bien tenu. Les fonds sont bons. Merci:)

Finalement, Marcel embarque Armance ; ils vont faire une partie d’échecs, histoire de se changer les idées. Le soir, ce sera apéro au bateau, pour se remettre de ces émotions ! Mais ça bouge encore beaucoup, nous cramponnons nos verres malgré la multitude de tapis anti-glisse …

Nous apprendrons que ce fut du fait d'IRMA tout ce chamboulement. Le Inshore Current n'y étant pas pour grand chose cette fois-ci. Nous nous attendions, bien sûr, à ressentir le passage du cyclone mais le lendemain plutôt, après qu'il ait passé l'Arc Antillais. Finalement, ce fut la houle du large de l'Atlantique qui toucha TOBAGO et changea le visage de la baie de Charlotteville.

Il sera écrit que IRMA fut l'ouragan le plus violent jamais enregistré aux Antilles (il sera finalement moins violent que MARIA, qui dévasta la Dominique -entre autre- quinze jours plus tard).

Le début de nuit fut encore très mouvementé. La houle diminua après minuit au profit du vent. Il souffla très fort jusqu'au levé du jour puis cessa, au profit, cette fois-ci, de pluies diluviennes. A 8h, tout était terminé. Le soleil brillait, la baie était calme. La nouvelle plage était le seul témoin d'une bataille …

 

Et puis nous retrouvons Lucille. A 8h, au ponton !

Aujourd'hui, nous allons visiter son jardin, dans la montagne, au dessus de Pirates Bay.

La promenade est très jolie. Une autre fois, nous verrons un énorme serpent, tomber du coteau sur le chemin ! Autrement, nous trouvons les classiques mangues et, nouvelles arrivées, les « plumb », prunes en français. Ce sont de petits fruits jaunes orangés, acidulés et sucrés. Dans la bouche, elles pétillent presque tant leur goût est puissant. Dommage, leurs noyaux sont énormes ! Mais Stéphane arrivera quand même à faire rentrer les fruits complets dans sa bouteille de rhum arrangé ! … pour davantage de saveur, dit-il !

La première partie du chemin est exposée au soleil. A 8 heures, le soleil est déjà haut. Le chemin, clair, nous renvoie sa lumière. Nous avons chaud, nous n'y voyons pas clair.

Au premier lacet, nous marquons un petit arrêt. La vue sur la baie est magnifique. Un vieux banc a été oublié en contre-bas. Ce n'est pas étonnant que quelqu'un ait voulu s'installer là. « Nous y reviendrons un soir ; le soleil se couche juste-là, face à nous ! ». C'est drôle, une paire de tongues est aussi posée-là, toujours bien rangée, les deux pied côte à côte.

Et puis nous atteignons les premiers arbres, ceux qui nous offrirons les premières ombres, ceux que nous remercierons bien sincèrement ! Ensuite, la forêt. Le chemin rétrécit, ses abords sont plus envahissants, plus denses. Petit à petit, il est remplacé par un sentier d'herbes hautes. Elles nous grattouillent les mollets. Nous passons sur un pont improvisé : quelques planches. Puis un grand coteau nu s'ouvre sur notre droite, avec un homme qui travaille. Il semble jeune. De loin, on ne voit que son sourire « Morning, Morning ! » lance t'il . On lui répond. Il reprend son travail. A la machette, il taille.

Et puis à l’entrée de l’épaisse forêt, le jardin de Lucille. Il fallait connaître ! Nous aurions pu passer devant sans le voir tant la végétation est dense ! Pourtant, il y a tout dedans : bananes, fruits de la passion, ananas, papayes, choux, cucurbitacées, racines diverses, gingembre et curcuma, quantités d'herbes aromatiques (lemon-grass, basilic, chardon-béni, ciboulette, gros thym …) et des oiseaux, tellement d'oiseaux. Que nous sommes bien dans son jardin. Nous pourrions y rester des heures. Tout en haut du coteau, elle prévoit de faire construire sa maison. Elle sera loin du village mais ça l'importe peu. Elle a hâte de vivre ici, au cœur de la nature. Le poulailler est bientôt terminé. Il lui fallait une très haute clôture, pour protéger les volatiles des dents de la nuit. Ça la rend très heureuse de savoir que bientôt elle pourra aussi proposer de « vrais » œufs à ses clients ! Car en effet, les œufs d'ici sont pour le moins étranges. Leurs coquilles sont extrêmement fines. De l'ongle, nous pouvons la percer, et le blanc et le jaune ont la même consistance. Sitôt cassés dans un bol, ils se mélangent. Stéphane pense que la chaleur y est pour quelque chose. Personnellement, je doute.

Nous reviendrons souvent dans son jardin pour gratter la terre. Lucille nous donne des boutures de plein de trucs ! Nous partirons souvent à la recherche de terre du coup, improvisant des pots dans des bouteilles coupées, des pots de glace coco !

 

Lucille nous offre chaque jour des fruits et des légumes : des mangues, des branches de lemon-grass, des feuilles de Bay-leaf (à faire mariner dans la confiture de goyave, c'est un délice), des five-fingers (caramboles). Excellentes. Rien n'a voir avec les fines tranches coupées en présentation sous la gelée de nos pâtisseries françaises ! Les caramboles d'ici sont jaunes quand elles sont mûres et dégagent un parfum puissant. Elles sont acidulées juste comme il faut ; ni trop ni trop peu. Elles ont quelque chose d'addictif. Quand on commence à y goûter, on ne peut pas s’empêcher d'en reprendre ! Les enfants les comparent à des bonbons « frais ».

Lucille ne veut pas que nous soyons malade. Ces fruits et ces légumes, elle les prend chez elle, dans son jardin, dans la forêt ou chez des amis dont elle est sûr qu'ils ne pulvérisent rien dessus. Le marché, présent du mercredi au vendredi sur l'unique place de Charlotteville, est tenu par un couple de Trinidad. Adorable. Mais les produits viennent du Vénézuéla, pour la plupart d'entre eux, où ils sont produits à grand renfort de « tin tin tin + cide », genre herbicide, fongicide, insecticide, etc ainsi que d'engrais et autres produits chimiques. « C'est pour les enfants. Ces fruits et ces légumes-là ne sont pas pour eux. Ils tuent » nous dit-elle.

Effectivement, les tomates germent à l’intérieur, les tubercules ne cuisent jamais tellement leur chaire est serrée, les bananes n'ont aucun goût, sous l'enveloppe des oignons, il n'y a que de la poussière noire … Jamais nous n'aurons aussi mal mangé qu'aux Antilles. C'est inquiétant. Lucille a tellement raison de faire pousser ses légumes ...

 

Un jour, nous poursuivons sur le sentier, après le jardin de Lucille. Nous nous sentons des Robinson Crusoé. Nous assurons chaque pas (la pente est raide et on n'en voit pas la fin, la terre grasse colle aux chaussures et rend l'escalade des rochers glissante) tout en avançant le nez en l'air. Nous ne sommes pas rapides, nous ne voulons rien manquer ! Le décor est magnifique. Les arbres sont gigantesques, leurs troncs sont torturés. On sent qu'ils ont dû vivre quelques tempêtes. Des plantes épiphytes poussent de partout. Elles apportent une pointe de merveilleux supplémentaire à l'ensemble. Et pour parfaire le tableau, rajoutez de nombreux oiseaux, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, et bien sûr, le dialogue de la forêt, que nous ne comprenons pas (« Quel animal peut bien faire ce bruit ? ») mais qui nous émerveille. Au sommet, il y a quelques chèvres, attachées. Aurions-nous pu trouver ça du temps de Robinson Crusoé ?!

« It is said that on reading a sales pamphlet on Tobago titled « The Present Prospect of the Famous and fertile Island of Tobago' (which Englis Captain John Poyntz was attempting to colonize) a writer called Daniel Defoe was so inspired that years later he wrote the now famous novel « Robinson Crusoe ». To this day, Tobago is referred to as Crusoe's Isle. »

 

 

Et puis un soir, nous invitons Lucille à venir pêcher sur le bateau.

La pêche nocturne se pratique beaucoup à Charlotteville. Nous voyons les petites lanternes des pêcheurs se promenant sur le ponton ou sur la plage de Pirates Bay, dans la nuit noire. Ils étaient tellement visibles le soir où il y a eu une coupure générale d’électricité ! Le stade de foot étant éteint, les lucioles, les étoiles, les pêcheurs, tous devenaient visibles ! Quelle vie autour de nous alors que nous nous apprêtions à tomber dans les bras de Morphée ! Chacun son heure. Parfois, nous nous croisons. Ceux qui appartiennent au jour, ceux qui appartiennent à la nuit.

Stéphane récupère donc Lucille, toute heureuse, au ponton, avec un casier et deux lignes.

Lucille apprécie beaucoup Stéphane. Elle aime bien être en sa compagnie. Il a quelque chose de rassurant, quelque chose qu'avait aussi son défunt époux.

A peine arrivée au bateau, elle lance tout à l'eau. Lignes, casier. Stéphane doit d'ailleurs vite fait récupérer ce dernier car Lucille n'avait pas pensée que le bateau tourne sans arrêt, en fonction du vent. Il accroche un pare-battage au bout de la corde du casier et comme Lucille, dans un grand geste, le lance à l'eau. Et Lucille croise les doigts. Elle ne serait pas contre une petite langouste ! Très vite, ça mord au bout d'un hameçon. C'est un poisson, de belle taille quand même, que Lucille remonte, sous les yeux ébahis des filles ! Cassandre arrive avec notre mini encyclopédie des poissons d'eau chaude. « C'est un Poisson-Lapin » lance-t'elle joyeusement !  « Vraiment ? » « Oui, vraiment ! » On en fait tout un bazar en rigolant « un lapin sur un bateau ! », elle connaît l'histoire ! La pluie nous contraint à dîner plus tôt. Tobago est vraiment très humide ! Comment pourrait-elle être aussi verte autrement !!! Nous avons droit à notre averse quasiment tous les jours. Souvent, c'est au moment du passage entre la nuit et le jour ou entre le jour et la nuit qu'elle se met à tomber. Parfois, elle ne dure que quelques minutes. Parfois, il nous semble que jamais elle ne cessera. Stéphane a inventé un récupérateur d'eau. Il n'est pas hyper pratique (on se retrouve vite trempé), mais il fonctionne plutôt bien ! Nous remplissons nos cuves !

Il n'y aura rien dans le casier. « Zut ! » Les langoustes se font rares à Tobago. Leur prélèvement en période de reproduction n'y est pas interdit, contrairement au reste des Antilles. Marcel et Stéphane, qui sont partis les chasser à plusieurs reprises, voient bien la différence avec les Grenadines. Là-bas, on peut voir des antennes sortir de tous les trous … mais la pêche y est interdite aux étrangers.

 

En compagnie de PANAMBY, nous irons prendre un Breakfast chez Lucille, un matin, à 10h. Cassandre et moi allons aider pour la mise en place. Au menu, omelette, cake, smoothies, salades, saucisses, pain de Sandra (excellentissime) et plein d'autres choses.

Elle reçoit tous les étudiants d'E.R.I.C, qui signifie « Environmental Research Institute Charlotteville ». C'est leur dernière journée à Tobago. Ils sont 11 et viennent d’Écosse. Ils ont passé 3 mois à étudier les batraciens, les papillons, les chauve-souris et la faune et la flore sous-marine. Ils sont enchantés de cette expérience. L'histoire des chauve-souris nous est contée par tous ! Ça a dû être un sacré périple : sortir, en forêt, en pleine nuit, pour attraper des chauve-souris ….

Ce centre, multiplie les activités. Il reçoit constamment des jeunes en études scientifiques orientées « milieu marin ». Il pratique également la plongée sous-marine et accompagne quelques touristes ou d'autres scientifiques confirmés. Le fils a repris la suite. Il est très gentil. Le papa aussi est adorable. Ce sont des étrangers bien intégrés. Ils emploient et forment des jeunes locaux.

 

J'avais proposé mon aide à Lucille, si elle recevait un jour beaucoup de monde dans son restaurant. Elle me dit « Demain, je reçois et mon amie Sandra ne peut pas venir m'aider. Es-tu toujours partante et disponible ? » « Bien sûr et avec grand plaisir ! » Ce fut fort sympathique ! Nous nous sommes pris un petit jus quand même ! Lucille fait les choses en grand, et pour cela, il faut du temps !! Au début, elle me guidait, me montrait comment elle voulait que ses légumes soient coupés, m'indiquait les doses … à la fin « Peux-tu me faire des omelettes au lait de coco, les œufs sont dans le frigo ! », « un smoothie de mangues ? » « D'accord ! », « Une salade mélangée avec ça et ça et ça ? » « C'est parti ! »

Une autre fois, nous irons avec Cassandre faire de la confiture de goyave. Nous en avions ramassé des quantités impressionnantes ! Il y a beaucoup de petits pépins dans les goyaves …

Et un après-midi, alors que nous avions rendez-vous pour récolter d'autres fruits, nous rencontrons Jean-Christophe. Il est au restaurant quand nous arrivons, en grande conversation. Il n'a pas l'accent français quand il parle anglais. Nous communiquons donc en anglais. Et puis il me dit « Mais vous êtes Françaises ! » alors que je parlais à Cassandre.

Lucille nous avait beaucoup parlé de lui : il l'a aidée l’année passée à donner plus d’éclat à son jardin ! Il a creusé les terrasses, les a consolidées et a planté beaucoup de pieds d'ananas. C'est en prévision de son imminente arrivée que nous étions chargées (Cassandre, Armance, et moi) par Lucille, de désherber (il s'agissait davantage de lianes collantes que d'herbes … « délianer » alors ?) au moins quelques-unes de ces fameuses terrasses et surtout de débusquer les plants d'ananas étouffés ! La mission était remplie, Jean-Christophe arrivait, timing au top !

Son bateau, c'est FUNENBULLE ! Il y a une boule à facettes sur le portique. Les filles trouvent ça trop beau : ça rajoute des reflets aux reflets de l'eau ! On ne s'en sort pas quoi, des reflets ! Des reflets, des reflets, partout ! « Oui, il faut qu'ça brille ! »

 

Vient fatalement le moment où nous nous devons de continuer notre route. Le départ est programmé au lundi soir pour nous. PANAMBY a également des obligations , comme MATILDA -Helena est inscrite à l’école, à Grenade, pour les 4 ou 5 mois à venir. Elle a déjà manqué le jour de la rentrée à cause d'IRMA. La baie va se vider. Eux partirons mardi avant l'aube. Ils ont moins de route que nous ...

Pour fêter ça, nous proposons un dîner chez Lucille le samedi soir. Rendez-vous, 18 heures ! Nous serons 17 clients dans son petit resto ce soir-là !

Cassandre et moi irons aider vers 16h, mais tout est quasiment prêt. Sandra était venue prêter main-forte à Lucille depuis le tout début d’après-midi. Il ne restait que les tables à aller chercher chez la personne qui fait office de traiteur dans le village.

Nous les récupérons, organisons la salle, les dressons. Comme il nous reste encore pas mal de temps à perdre avant l’arrivée de TAMATAÏ, PANAMBY, MATILDA, Jeff (un ami du papa de Nadine de ZEEMO. Jeff se souvient très bien de Nadine alors qu'elle avait une quinzaine d’années. C’était au chantier META de son père ...) , Jean-Christophe de FUNENBULLE et AKKA (Hélène et David, un charmant petit couple, des rêves plein les yeux, aucune frontière, juste de l'Amour), Cassandre et moi partons glaner des goyaves dans le parc de E.R.I.C pour les smoothies de Lucille (elle congèle les fruits). Nous sommes rejointes par Jean-Christophe qui est fan de goyaves. Il est retourné au jardin ; il dit que le temps (et la pluie surtout!) l'a métamorphosé ! Tout y est magnifique ! La cueillette fut généreuse.

Et la soirée, elle, fut fantastique. Les mets délicieux. Les hommes avaient apporté ce qu'il fallait en vin, bière et punch ! Lucille et Sandra ont bien ri aussi, embarquées dans l'aventure !

Nous eûmes quelques difficultés à nous séparer, une fois le restaurant fermé. Ça a ri longtemps sur le ponton ! Pourtant, il fallait bien rentrer ; le lendemain, nous avions un rendez-vous fixé à 8 heures en haut de Pirates Bay pour une marche de 4 bonnes heures ! En effet, nous lorgnons depuis notre arrivée sur le Flagstaff Hill, mais personne n'en connaissait vraiment le chemin à travers la forêt ! Et puis Jean-François (Jeff pour les intimes) nous a proposé de nous y guider. Comme il vient passer quelques mois à Charlotteville chaque année depuis … ou là ! Belle lurette !! il connaît très bien les environs. Oh, quel dommage que nous devions déjà partir, il y a encore quantités de balades que nous n'avons pas faites ...

Jeff, c'est aussi un joyeux luron ; il a toujours plein de blagues en poche et des phrases célèbres qui font rires ! Impossible de s'ennuyer avec lui ou de rester sérieux !

 

Titouan vient dormir sur le bateau. Il veut faire la balade avec nous demain, ses parents préférant la remettre à une prochaine fois. Avec Armance, ils dorment dans le carré, chacun sur sa banquette. Dix minutes après l'extinction des feux, nous entendions leurs respirations profondes !

 

7 heures, réveil. Petit dej, préparation des sacs, remplissage des bouteilles d'eau, organisation d'une petite collation. 7H45, Stéphane nous laisse au ponton. Les enfants et moi, nous prendrons par la ville pour rejoindre le haut de Pirates Bay, Stéphane préférant échouer l'annexe sur la plage … comme les autres marcheurs ! Il y aura AKKA (un magnifique ketch des années 70 en acier), Hélène et David, ainsi que ZOE ZOE, Marie et Laurent, d'autres français, un cartamaran, tourdumondiste !

Avant de rejoindre notre groupe de marcheurs, nous croisons Shan Shan sur le chemin. Il nous dit qu'il va nous accompagner un bout de chemin. Sa maison est là-haut, il nous la montrera.

Et c'est parti sur les petits sentiers.

Rapidement, nous sommes à l'ombre de la forêt. Elle est magique. Les enfants sont devant. Ils veulent voir les perroquets ! Nous ne verrons qu'un envol ; ils sont bleus !

Hélène et David, des justes trentenaires, rigolent et jouent avec les enfants. La petite équipe est dynamique ! Ça s'agite dans cette forêt ! Est-ce surprenant que nous ne voyions pas grand nombre de volatils ? Pas sûre ! Car entre les fous-rires provoqués par les jeux de mots de Jeff et les « Chats perchés » ou « Chats glacés », la nature se terre !

Depuis Flagstaff Hill, la vue est superbe. Une mer aux milles couleurs ondule sous nos pieds.

Une petite collation bienfaisante et épicée (préparations par Stéphane!), toujours beaucoup d'eau (forcément, les épices ça donnent soif!!!) et il est temps de redescendre.

Jeff avait prévenu : « la condition sine qua non, c'est le bain à l’arrivée ! Apportez vos maillots ! » Quel bonheur de s'immerger alors ! Nous avons l'impression que nous retrouvons une température interne plus, normale ? Nos corps fument (presque) dans l'eau que nous trouvons alors fraîche (5 minutes plus tard, elle était redevenue chaude...). Les enfants s'en donnent toujours à cœur joie. Ils ont adopté Hélène qui les entraîne dans des courses-poursuites parsemées d’embûches !

« Pirates Bay est éclairée par les lucioles la nuit » nous dit-elle. « Il y en a tant. C'est magnifique ; un conte de fées ! »

David et elle ont une annexe sans moteur. Les hommes les aident à passer les premiers rouleaux et tout le monde applaudit une fois que les amoureux, bien installés dans leur embarcation, regagnent leur bateau pirate, de fer et de bois.

Et encore une paire de tongues … Ça alors.

 

Nous profitons de notre dernier coucher de soleil sur la baie. Nous nous en imprégnons, jusqu'à ce qu'il fasse parti de nous.

 

Lundi 11 Septembre. Tout le monde est sur le pont de bonne heure. Nous avons jusqu'à 16 heures pour quitter l’île, sinon c'est « taxe » pour over-time !

Cassandre et moi nettoyons le cockpit à grande eau et frottons dur !

Stéphane s'occupe des papiers. Le capitaine !

A 11h, il est aux douanes. Il revient rapidement. Étrange ?!! L'Immigration n'y est pas. Sans l'Immigration, les Douanes ne peuvent pas avancer les papiers. En plus, nous devons tous être présents pour le départ. C'est la loi. Que ce soit pour 13h.

A 15h, nous en ressortons. Nous avons une heure pour dire au-revoir à Lucille, acheter de l'eau avec nos derniers deniers et faire un tour des bateaux-copain une dernière fois. Il faudra ensuite enlever le moteur de l'annexe et la remonter sur la jupe. En une heure, ce n’était pas gagné !

Direction, le resto de Lucille. Elle n'y est pas. Comme l'association E.R.I.C lui avait installé la Wifi alors que nous étions présents, je l'appelle sur WhatsApp. Elle arrive vite !

Nous faisons le chemin ensemble jusqu'au ponton. Stéphane nous avait abandonné ! Il était partit dépenser nos sous en … jus de fruits frais : goyave, mangue et autre chose de bon !

Nous nous retrouvons sur le ponton. Les adieux furent difficiles. Lucille veut que nous revenions pour son anniversaire l’année prochaine. Le 6 août. Matthew est présent aussi. Il ne peut retenir une larme. Ça nous a fait chaud au cœur. Mais c’est triste quand même.

Après de longs au-revoir, nous sommes dans la zone de mouillage et nous partons faire le tour. Un coucou à FUNENBULLE que nous reverrons peut-être au Guatemala. Un coucou à MATILDA, Regina nous donne des pins et des pendentifs du Brésil. Un coucou à AKKA et à Jeff. Un coucou à TAMATAÏ. Et un dernier gros bisous à PANAMBY. Quel bonheur de les avoir rencontré, tous.

Il est temps de rentrer. Il doit être 16h bien passées !! Et effectivement ….

Rapidement, la question de l'annexe est réglée.

Nous chaussons nos chaussures bateau, enfilons nos gants, casquette, lunettes.

Stéphane enlève la pâte d'oie (la main de fer …). Il commence à remonter l'ancre. Mais voilà que je ne parviens pas à enclencher la vitesse ; le bateau reste au point mort. Le bitoniau est coincé dans la manette des gaz ! Je l'appelle ; il n'entend pas. Je cours sur le pont, espérant que toute la chaîne ne sera pas remontée, autrement, nous allons dériver jusqu'aux rochers … Tout va bien. Marcel vient nous voir, il se doute que quelque chose ne va pas. C'est un problème d'inverseur. Stéphane descend au moteur, remonte, tape à droite, à gauche. Le bitoniau ressort. Nous pouvons repartir ! Il est 17h30 !

 

L'ancre levée, nous nous dirigeons lentement vers le grand large. Nous avons le cœur serré ; nous avons conscience que nous avons vécu des moments extraordinaires ici. Nous voudrions ne pas partir. Rester, encore.

TAMATAÏ commence par souffler une première fois dans un lambis. Un long son grave s'en dégage. Nous faisons de grands signes « Au-revoir ! », puis le son d'un second lambis se mêle au premier, c'est FUNENBULLE ; Jean-Christophe est à l'avant de son bateau, nous voyons ses bras faire de grands X puis de grands V dans les airs. Sur AKKA, Hélène et David sortent leurs sifflets. Jeff en a un aussi. Bernadette et Marcel nous lancent « Bon vent ! » à la VHF. Madre mía, la boule dans notre gorge nous empêche d’émettre des sons. Nous ne sommes plus que gestes, en réponse à tous ces sons.

Nous avons les larmes aux yeux et de grands frissons nous parcourent le dos quand ils arrêtent de souffler, longtemps après que nous ayons quitté la baie.

 

 

Tobago 1677

 

How significant was 1677 in the island's hectic history ? A long story, but in a nutshell, here's what happened in Scarborough harbour 337 years ago.

 

Tobago was occupied by the Dutch whose main town was called Lampinburg overlooking the harbour, known as Roodklyp Bay (red Rock Bay). This was the scene of a major naval disaster when on the 20th February a French fleet of 14 vessels anchored in nearby Minister Bay and prepared to attack Dutch Fort. The Dutch fleet in Roodklyp Bay numbered 13 vessels but the Dutch didi not expect an attack from the sea but rather overland to the Fort, so they put their women, children, old ans sick plus 300 slaves onto one of their supply ships, Sphera Mundi, to keep them safely away from the attack.

 

French troops came ashore east of the town and hacked their way through the foret to reach what is now Fort King George with its strategic view of the harbour. They also sailed against the Dutch fleet but were chased off by hot canon fire and lost two ships. The French commander Conte d'Estrees decided to sail his entire fleet straight into Roodklyp Bay, destroy the Dutch fleet and then bombard the nearby fort, and by a stroke of good fortune, on March 2nd the French captured a pilot who was prepared to show them the channels into the harbour and d'Estrees got approval for a full frontal naval attack.

 

Wednesday 3rd March the Dutch woke to the French fleet sailing round the point and into the harbour, in single file, which was the only way to enter safely. The guns began to fire. The ships engaged at such close quarters that they caught alight and drifted into each other causing utter devastation. In particular, Sphera Mundi was burned along with all the crew and passengers. After seven hours of furious battle, the two fleets drew apart, but only three of the Dutch ship were not burned, while only four French warchips managed to get back ouit to sea and limp back to Grenada.

 

A docu-drama of the 1677 battle was filmed in 2013 by Oceans Discovery from Germany. Marketing of the film is handled by Sky Vision from UK who havealready sold it to Fox Tel Australia, TVP poland, Wanachi Pan African Channel (52 countries) and in ten countries in Europe the film is currently under consideration.

 

A date for the TV premier has not yet been set as this book goes to press in October 2014, but once it has been aired, the DVD of the documentary will become available online. Some details and video clips are available on the website : www.oceandiscovery.com and the « Tobago 1677 Trailer » is on YouTube and Vimeo.

 

 

 

 

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