May 22, 2018

May 6, 2018

April 23, 2018

April 3, 2018

February 1, 2018

January 20, 2018

January 10, 2018

November 16, 2017

October 26, 2017

Please reload

Posts Récents

Colombie

November 16, 2017

1/1
Please reload

Posts à l'affiche

Curaçao

October 26, 2017

 

 

Du mardi 10 au jeudi 26 Octobre 2017

 

 

Au départ, le bateau est silencieux. Il le restera longtemps ...

Nous avançons bien à la voile mais la houle est importante. Le pilote ne tenant pas (on n'a pas assez d’énergie), je barre ; ça m'occupe l'esprit et ça m’empêche d’être nauséeuse !

Les filles lisent, calées dans un coin. Cassandre fait sa chouette, toute recroquevillée et en appui sur ses pieds et Armance est étalée de tout son long sur une banquette centrale, dans le sens de la marche. Merci les PARCI pour les BD ; elles les dévoreront toutes avant de toucher terre !

Cassandre parvient chaque jour à travailler un petit peu son CNED puis, avec Armance, elles se regardent des films. En général, à 7h le soir, tout le monde est au lit !

 

Cette première nuit, je prendrai mon quart de 11h à 2h puis de 5h à 7h. Stéphane était épuisé ! Pour une fois ! Habituellement, il lit jusqu'à 11 heures au moins puis prend son quart jusqu'à 2h. Je le relais jusqu'à 5h. Quand les filles se lèvent, nous déjeunons ensemble et Stéphane repart faire un petit somme.

 

Le dimanche matin, Armance se réveille « trop heureuse » ! Ce serait la première fois qu'elle dormirait aussi bien en navigation ! Ah ben, mince alors !!! Elle en est tellement ravie qu'elle essaiera de travailler un petit peu son CNED ! Ça ne durera pas très longtemps... la position l'incommode, elle éteint vite l'ordinateur et reprend son bouquin !

La journée se passe tranquillement.

 

Le lendemain matin, à l'heure du petit déjeuner, nous aurons la chance de pouvoir admirer quatre dauphins de belle taille jouant à l’étrave. Ils semblent bien s'amuser tant ils prennent leur temps, se croisent, s'entre-croisent. Comme la mer est d'huile, nous nous risquons à l'avant. Stéphane s'assure que les filles se cramponnent bien au génois (qui était alors roulé cause pétole!) ; je reste en retrait dans les haubans, avec mon appareil … Sait-on jamais ; si toutefois je parvenais à capturer quelques instants en pixelisant ces merveilleuses créatures à jamais... Notre regard est subitement, et conjointement, attiré par un mouvement sur notre droite. Incroyable ! C'est un banc de dauphins, que nous évaluons à une cinquantaine, fonçant droit sur nous, et à toute vitesse en plus ! Ils viennent rejoindre leurs camarades et profiter du jeu sans doute ! Les voilà tous autour de nous. Nous sommes encerclés. Mais c'est un cercle mouvant fait d'apparitions et de disparitions, agitant jusqu'aux moindre gouttelettes l'eau si calme, un cercle sonore, fait de « splash ! » et de jets d'eau contre la coque, un cercle étincelant, les dos des mammifères scintillant au soleil ! Certains d'entre eux sont très zen. Nous les voyons couler leur chemin parallèlement au nôtre, à la façon d'une escorte. Bonnement. D'autres sont au contraire, tout excités ! Ceux-ci réalisent des sauts magnifiques, et d'un puissant coup de queue, partent disparaître loin devant le bateau où ils réalisent un majestueux demi-tour pour revenir, plus fous que jamais parmi leurs congénères ! Certains ne s’éloignent même que très peu pour réaliser d'incroyables pirouettes. Nous sommes émerveillés devant tant de spectacles. Armance pousse des « Woh ! » d’étonnement et éclate de rire à chaque instant ! Cassandre est ébahie. Aucun son ne sort de sa bouche ! Stéphane me fait « Là ! Là ! Ici ! ». Il veille ses filles, tente de m'orienter, mais n'en revient, sommes toutes, pas plus que ses petites chéries !

Malgré la rapidité de nos charmants visiteurs, je parviendrai à faire quelques clichés de cette éblouissante rencontre !

Le soir, ce sera crêpes au lait en poudre ! Le lait ; le grand oublié de l'histoire de notre liste de courses … Elles étaient délicieuses malgré tout !

 

Le lundi 9 octobre Stéphane se lève plus tôt. Nous vivrons l'aurore avec un petit café et une crêpe rescapée, là, au milieu de l’immensité bleue !

Nous passerons la journée entière au moteur …. Il n'y a pas un pet de vent. Dur, dur !

Les navigations au moteur sont peu agréables, d'abord du fait du bruit et des vibrations que cela occasionne tant à l’intérieur qu'à l’extérieur du bateau, mais également du fait de l'inconfort que le moteur génère. Ainsi, lorsque nous avançons avec nos voiles, celles-ci calent le bateau sur les éléments (la houle, le vent, etc). On peut subir beaucoup (!!!) mais nous sommes « en phase ». Alors que lorsque nous avançons au moteur, le bateau vit au rythme de ce dernier. Il n'est alors en phase avec rien ! Il avance coûte que coûte contre tout. C'est cette bataille que nous la ressentons parfois très fort et qui rend la navigation si inconfortable.

 

Le lendemain sera notre dernier jour de navigation. Les rythmes de vie sont bien pris.

7h, les filles sont sur le pont ! C'est alors le moment du p'tit dej (d'une extrême importance pour les filles). Puis, douche (on remonte un gros seau d'eau de mer et on se lave avec la petite « chaudière » - le fameux « petit seau » des Québecois!, puis rinçage à l'eau douce grâce au pulvérisateur !!! ). Cassandre se met ensuite au travail et ce jour-là, Armance peaufine son chant « Bamba li Bamba » qu'elle devra enregistrer et envoyer pour correction, au CNED.

Puis pause. Des dauphins jouent (encore!!!) à l’étrave. Cette fois-ci, ils sont bien une centaine ! Nous reprenons nos postes ! Stéphane et les filles sont à l'avant, et tellement près d'eux qu'ils les entendent souffler quand ils sortent leur tête de l'eau ! J'aurai l'occasion de saisir des moments uniques !

En tout début d’après-midi, nous remontons l’île de Curaçao.

Il y a une activité importante sur l'eau ! Nous savions que Curaçao était « tournée vers la mer », mais nous ne nous doutions pas à quel point.

 

« Connue dans le monde entier pour sa liqueur éponyme, Curaçao est la plus grande des îles des Antilles néerlandaises, au large du Venezuela.

Depuis la création des Antilles néerlandaises en 19534, Curaçao jouit d'une pleine autonomie interne et est le centre administratif du groupe d’Îles (Bonnaire et Aruba), qui fait partie intégrante des Pays-Bas.

L’île étant un port de commerce prospère, près de 80 nationalités différentes y vivent en parfaite harmonie dans la tolérance. La population compte plus de 165 000 habitants.

Après la découverte de pétrole au Venezuela, une raffinerie a été construite au nord de Curaçao. Aujourd'hui, le pétrole est toujours la base de son économie. C'est également un important centre financier offshore et le tourisme devient une véritable industrie. »

 

 

Spanish Water est un immense bassin ouvert sur la mer auquel on accède en suivant une longue et étroite passe. C'est là que nous souhaitons « poser notre pioche ! ».

Le côté gauche de la passe est sauvage. La roche est couleur ocre et les cactus cierge poussent par-ci par-là.

Le côté droit, lui, accueille un resort. Un très luxueux resort. Un ponton immense s’étire sur quelques centaines de mètres, protégeant ainsi leur plage des jets-ski et autres bateaux moteurs. La passe finit sur une petite marina très moderne pour bateaux de luxe « only ».

Partout, les gens font la fête. Les moteurs vrombissent, l'eau jaillit derrière les jets, le volume de la musique tourné à fond. Les mecs ont les cheveux gominés, les pans de leurs chemises blanches volant au vent, on aperçoit des chevalières à leurs doigts. Les filles sont hyper à la mode ; maillots de bain top, lunettes de soleil de frimeuses, bijoux bling-bling, ongles vernis, on distingue même quelques strass !... que c'est énervant !!! grrr !!! Leurs cheveux démêlés flottent au vent. Entre parenthèse, ceci est un mystère pour nous qui sommes toujours dans le vent : rapidement en effet, nos cheveux s’amalgament entre eux pour ne faire plus qu’une grosse queue de cheval toute emmêlée en fin de journée. Nos strass : des grains de sel séchés ! Ces nanas-là, elles sautent de ski-nautique en bateau hors-bord et de plouf en plouf, et elles semblent toujours avoir les cheveux ultra-lisses ! « C'est trop injuste ! » se plaint Cassandre avec sa tignasse toute emmêlée !! Mais comment font-elles ? That is the question ?!! Et bien, nous ne leur demanderons pas ! Sans doute, les effraierions-nous avec nos vêtements délavés et tout troués et … nos choucroutes !!! Nous ne voulons pas donner une mauvaise idée du Français, comprenez bien ….

Quoiqu'il en soit, tout ce que nous voyons est à des lieues de Carriacou ou de Tobago. Nous recevons notre second « choc culturel » (le premier ayant eu lieu en terre Cap-verdienne).

Nous passons toute cette cacophonie et entrons dans la baie. Nous apprendrons, plus tard, que ce mardi était férié.

Aux premiers abords, elle paraît immense. Elle l'est, mais on note vite de nombreux écueils : petites îles effleurant l'eau, bateaux coulés émergeant à la surface, zones de mangrove avec les racines de palétuviers … Son eau ne fait pas rêver ; marron, eaux de mangroves ... Ces berges sont toutes construites et accueillent de nombreuses très belles maisons d'architectes. L'ensemble est joli, pourtant, elle a quelque chose d'hostile et d'inhospitalier …Un sentiment partagé.

 

Nous mouillons une première fois d'où nous nous faisons chasser : nous sommes dans le chenal (pas si grande, la baie, finalement …) !

A 17h30, plus de deux heures après notre arrivée, nous sommes enfin installés ! Le vent soufflant fort, n'a pas facilité nos manœuvres. Nous sommes surpris ; nous croyions la baie très protégée ... Stéphane ne plonge pas (zéro visibilité), mais en faisant marche arrière, nous voyons bien la chaîne se tendre et le bateau repartir à la manière d'un élastique, vers l'avant. Ceci est un signe de bonne augure … en général !

Comme prévu, nous retrouvons ISLANDS COYOTE. Salut les amis :)

 

« My Dushi » !

 

Mercredi 11 octobre. Il est 9h lorsque nous montons dans un taxi-co. 12 places, c'est vite rempli ! Le chauffeur (mais ça on commence à en avoir l'habitude) part alors sur les chapeaux de roues (ici, comme dans beaucoup d'endroits, le bus ne part que quand il est plein. Alors parfois, on attend longtemps... « A quelle heure passe le bus ? ») Et là, stupeur. Tout est « vraiment » construit ! Il y a des routes (nous avons perdu l'habitude de voir autant d'embranchements, ce qui fait donc autant de possibilités de se perdre!), des habitations (nous distinguons très vite la zone de quartiers riches et la zone de quartiers pauvres, c'est clair comme de l'eau de source) et des commerces, PARTOUT ! Quelques arbres et un peu de végétation sèche tentent de survivre au milieu de tout ce béton ! Le rythme de « vie » est TRES rapide. Heureusement, il y a, là, des trottoirs ! Peut-être existe t'il d'ailleurs, une relation de cause à effet : vie speed avec trottoir, vie cool sans trottoir ?!! Nous n’étions quand même vraiment pas mal à Carriacou... où il n'y avait donc, pas de trottoirs !

 

Direction Willemstad, la capitale, ou plus précisément, Punda, le quartier où nous devrons commencer notre parcours des formalités d’entrée.

D'abord, la douane. Elle est située juste en face du Marché flottant Venezuelien ; le seul que nous ayons vu. Des Venezueliens donc, y vendent leurs fruits et leurs légumes. Derrière leurs étales, nous voyons leurs bateaux accostés le long de l'immense quai, dans lesquels sont entreposés ces produits frais ; d'où le nom de marché flottant. La transaction se fait en langue espagnol et se passe en Guilden (monnaie locale qui remplace le Florin depuis que les Pays-Bas sont entrés dans l'Union Européenne ; 1 fl (abréviation pour Guilden) = ½ €). Le dollars y est aussi largement accepté.

Puis, nous traversons le pont flottant qui enjambe le canal de la Rivière St Annabaai pour rejoindre Otrobanda, le quartier du port de commerce où nous nous mettons en règle auprès de l'Immigration et des Affaires Portuaires.

Pour les formalités, nous avions le choix entre les faire en langue anglaise ou en langue espagnol. Mais entre-eux, ils parlent une 3ème langue, voir une 4ème (le Hollandais étant la langue officielle du pays) : le Papiamento !

Le Papiamento est un dialecte local fait de Hollandais donc, d'Espagnol, d'Anglais et de Créole « Français ». « Ah oui, mais là, ça va pas être possible ! » Nous apprendrons quand même que Dushi veut dire « Sweetheart » en Anglais ou « Preciosa » en Espagnol. Et en Créole ? Y nous a pas dit, le m'sieur !

 

Régler les formalités d’entrée est toujours très intéressant d'un point de vue touristique. C'est la phase « repérage ». « Mais comment est organisée cette ville ? »

On entend de la musique salsa à chaque coin de rue. Chouette ! Enfin ! D'accord, ceci n'est pas du repérage à proprement parlé, mais ça y participe d'une certaine façon. Et puis, pour moi, la salsa, c'est comme le chant d'un canari ; ça me transporte ... !!!

Nous voilà tous les quatre à nouveau « tamponnés » - à ce rythme, nous allons devoir faire une demande de Passeports avant de rentrer en France!- et délestés de quelques dollars et, nous avons faim !

Un stop au « point Information » que nous avions repéré, puis nous suivons la musique ! Elle nous conduit vers une jolie petite placette. On se croirait dans une Espagne kitch ! Ça nous convient et puis aujourd'hui, c'est 3 Presidente pour 2 (Presidente = bière des Caraïbes) et comme on meurt de chaud …

Nous passons la commande en anglais.

 

C'est encore un drôle d'endroit, cette île ! Par certain côtés, elle nous fait penser à St Martin ; son multi-culturalisme, son ouverture, son éclectisme, son rythme de travail « Work hard in secret and let the success make the noise ... » (« Travaille dur en secret et laisse le succès faire le bruit »). St Martin est une île de travailleurs comme on n'en a pas vu d'autres dans les Petites Antilles. Et puis il y a ces nombreux bâtiments modernes qui font penser à nos grandes villes et ces plus vieux immeubles du bord de mer qui évoquent Amsterdam. Enfin, il y a ces placettes et ces ruelles, qui sentent bon l'Espagne mais où l'on s’arrête pour écouter une groupe de salseros. Espagne Cubaine?!!

Voila, c'est ça Curaçao. Un mélange de tout, où tout se mélange bien. Comme me le dit Armance, c'est un « mélange homogène miscible ». Mais il n'est pas trop confortable non plus de s'attarder à Willemstad ... malgré son classement au patrimoine mondial de l'Unesco (depuis 1997). Une fois les formalités achevées et nos appétits satisfaits, nous ne mettrons pas très longtemps à regagner la gare routière ! En fait, ces journées sont harassantes. Nos esprits sont tellement accaparés par le « nouveau » qu'ils en oublient de respirer !

 

The « Net »

 

Jeudi 12 octobre. Nous apprenons par « The Net », une intervention quotidienne sur V.H.F. canal 72 sur la vie de Spanish Water, qu'un SPAR local affrète un bus tous les matins pour les plaisanciers de la baie. Départ 8h30 juste avant le rond-point du bar « Pirates ». Retour pour 10h15. Nous y allons tous les deux, les filles préférant rester au bateau pour travailler.

A l’arrêt, nous retrouvons Pascal d'ISLANDS COYOTE et Marius de BRUME ET PINOCCHIO qui a Charlotte et Juliette avec lui.

Incroyable ; c'est un « vrai » le magasin ! La lumière y est bonne, les prix sont indiqués, le carrelage au sol est propre et en excellent état, il ne fait pas frais qu'au rayon frais et chaud partout ailleurs ! Et puis nous trouvons des tomates confites, des boîtes de haricots verts, des confitures de fruits, pas de vrai chocolat par contre … mais du fromage et de la charcuterie ! C'est noël !

En bout de caisse, quelqu'un peu ranger pour vous vos provisions dans de grands sacs en papier marron (comme aux États-Unis!). Pas de double épaisseur de sacs plastiques comme partout ailleurs jusque-là !

 

Le vent souffle tant et plus.

 

L’après-midi est belle cependant. Stéphane et Cassandre partent faire su snorkling sur l’épave située à l’extérieur de la baie. Ils reviennent tard ; ils étaient avec les PINOCCHIO. Aux vues des photos prises, l'eau y était extrêmement claire et la faune et la flore, importante. Cassandre est ravie. Elle s'est dépensée autant qu'elle en avait besoin. « Je dormirai bien cette nuit ! » me dit-elle, heureuse !

Ce soir, nous allons prendre un verre sur COYOTE. Les SEA YOU, qui sont au chantier, partent demain pour un voyage en Norvège. Ils vont voir les aurores boréales ! Ce soir, ils dorment chez les COYOTE. Spanish Water est, en effet, mieux desservi que leur marina ; il leur sera plus facile de se rendre à l’aéroport en partant d'ici. Et puis nous voulions nous revoir, même entre deux portes, avant de nous séparer de nouveau ! Nos prochaines retrouvailles devraient être pour la Colombie. Nous leur souhaitons un bon voyage et qu'ils en prennent plein les mirettes !

 

Vendredi 13 octobre

Le matin, Stéphane part faire des courses au SPAR. Petit à petit, jour après jour, il remplira nos cales ! Pendant ce temps, Armance et moi allons au « Pirates » bar faire de l'Internet, puisque ses cours d'anglais sont seulement sur Internet ! Cassandre reste au bateau et travaille ses matières.

Le vent souffle encore beaucoup. Au « Pirates », nous mettons des coquillages pour retenir les fiches d'anglais qui prendraient volontiers la poudre d'escampette (n'en déplairait à Armance).

Note de Stéphane (en une journée, sa poche est remplie de pièces) : il dit « Il y a des endroits ou ils ne travaillent qu'aux billets et c'est pas l'cas ici … !!! » Driling ! Driling ! « Tu sonnes quand tu marches ! »

 

Le lendemain, on inverse les rôles. Je vais faire les courses et Stéphane s'occupe des matière scientifiques des filles ! C'est bien aussi, comme ça !

Le soir, on invite les ISLANDS COYOTE à l’apéro qui se transforme en dîner sur le pouce de dernière minute ; on a énormément de choses à se raconter. Les COYOTE ont déjà fait un si grand voyage ! Ils en ont parcouru des miles ! Et les filles s'entendent vraiment bien avec Swann. Ils partagent les même lectures, rient devant les même films, jouent aux même jeux et se créent les même histoires ! Et piapiapa ! Woh, La bande de pipelettes !

 

Nous profitons de la belle matinée ensoleillée du dimanche pour nous dégourdir les jambes. Le vent semble s’être un tantinet calmé et les enfants et Plume, le chien des COYOTE, un bichon croisé qui ressemble tant à Evie, n'en peuvent plus d’être enfermés ! Rapidement, Plume identifiera notre annexe à une invitation à sortir … ou peut-être est-ce le sol herbeux synthétique qui l'attire. En attendant, nous la retrouverons plusieurs fois, nous attendant, assise au fond bien sagement  !

Mimi, Swann et Plume! nous accompagnent. Pascal reste sur COYOTE ; il a de la couture à faire. De grandes longuuuuueur de couture !

Nous verrons énormément de gros lézards. Armance a tout tenté pour en attraper un ; elle l'aurait appelé Torrent (??!) et l'aurait hébergé avec bonheur. Après les bernard-l’hermite, les chiens et les chèvres ... le voilier en Arche de Noé !

Nous voyons aussi de nombreux iguanes. Étrangement, ceux-ci sont peureux et détallent à toute allure ! Un iguane qui détalle à toute allure, il y a quelque chose qui cloche ! Et pourtant …

Autrement, il y a plusieurs espèces d'oiseaux que nous n'avions encore jamais vu, dont certains de la taille d'une pie, au corps effilé et gracieux, et aux plumes d'un jaune soleil !

Côté flore, comptez sur les fameux cactus cierges, genre « à la Clint Eastwood » et tout un tas d'autres végétaux aux longues ou courtes épines, acérées, clairsemées ou pointues. Même les plus jolies petites fleurs griffent ! N’espérez pas traverser cette végétation en short ou il vous en coûtera !

Sur le retour, nous grimpons au sommet d'une tour d'un ancien fort. Les enfants jouent à défendre leur territoire ! Les « envahisseurs » mordent la poussière ocre !

 

Première frousse.

 

La semaine de travail reprenant (!!), nous retournons au « Pirates» pour faire nos devoirs d'anglais, etc ...

De retour au bateau, nous ne tardons pas d'apprendre que la main de fer de l’énorme ketch qui se trouve être notre voisin, a cassé pendant une rafale et que sa chaîne, n’étant pas bloquée dans sa baille à mouillage, s'est dévidée jusqu'au bout, que le bruit de cette chaîne se dévidant avait heureusement, alerté les occupants du tout petit bateau qui se trouvait juste derrière lui et sur lequel donc, notre mastodonte reculait, que ce bruit de chaîne n'avait d'ailleurs laissé personne indifférent dans la zone, et que rapidement, une équipe de 3 annexes avait évité la collision du gros avec le petit poussant le petit pour le dégager de la trajectoire du gros, poussant le gros pour permettre au petit de récupérer sa chaîne et finalement, d'empêché le dérapage du gros ! Une histoire de fous au milieu de laquelle se trouvait SOCA !

Ce gros ketch n'avait pas sa place dans ce mouillage de « petits ». La longueur de la chaîne étant fonction de la taille, sa zone d’évitage était immense. De ce fait, il aurait dû mouiller dans une zone plus profonde où les petits ne peuvent pas mouiller. Mais voilà. Le monsieur avait dû être transporté d'urgence à l’hôpital et sa dame se retrouvait seule à gérer ce gros bateau mouillé-là au plus vite. Elle était d'ailleurs à l’hôpital quand l'incident a eu lieu. Une fois informée, nous la verrons faire des aller-retour incessants jusqu'à l'avant de son bateau, vérifiant sans cesse que la main de fer prêtée et installée par un des bateaux « sauveteurs » tenait bon. Il faut dire que le vent ne faiblissait pas. Les rafales dépassaient les 30 nœuds régulièrement. La tête commençait à nous tourner sérieusement.

Nous étions de tout cœur avec la Dame, mais fichtre, quelle angoisse !

Nous passons une nuit les oreilles grandes ouvertes.

Au réveil, le vent souffle toujours autant. Stéphane décide d'aller quand même faire les courses, malgré la mer qui s'est levée, elle aussi et qui rend le trajet en annexe très sportif ! « Demain, ce sera pire » prévoit la météo.

Le soir, nous sommes invités chez ISLANDS COYOTE. A l'abri dans leur carré protégé, nous arrivons à en oublier ce sifflement constant tant la soirée est agréable ! Ça nous fait un bien incroyable. Tout cet air rend fou ...

 

 

« RAFIKI, RAFIKI for The Net »

Cependant, l'homme est bien fait. Il peut s'habituer à tout.

Le lendemain, le vent n'a pas faiblit pourtant notre niveau de stress est descendu. Peut-être commençons-nous à l'apprivoiser, à l'accepter.

A 8h, la journée commence, comme chaque matin, par « The Net ». « Good morning cruisers ! » lancé sur un ton badin, commence l'animatrice du jour (ils sont trois bateaux à s'occuper du Net).

Après avoir donné quelques succinctes nouvelles du temps et annoncé les activités prévues dans la semaine genre balade autour du lac et Happy Hour au « PIRATE », l'animatrice propose aux plaisanciers de prendre la parole sur un temps de questions-réponses aux problèmes des nouveaux arrivants, genre, « où trouve t-on un distributeur ? », « A combien de temps de marche se trouve l’épicerie la plus proche ? ». On entend alors généralement l’échange suivant : « RAFIKI-RAFIKI for the Net » « Yes, RAFIKI ; you're on ! » et RAFIKI répond au plaisancier. Puis l'animatrice propose à chacun d’échanger ses bons plans, proposer ses services (genre nettoyage de coque), passer ses annonces (« Nous vendons notre planche à voile », « Nous recherchons un barbecue » …). Et là, nous entendons encore « RAFIKI-RAFIKI for the Net » « Yes RAFIKI, go ahead ! ». Sacré RAFIKI ! Il a fait notre séjour à Curaçao et … nous a permis de nous familiariser avec « la langue anglaise à travers la V.H.F » ! Merci The Net et merci RAFIKI !

 

C'est grâce au Net que nous ferons la connaissance de Brigitte et du Water Boat.

Suite à son annonce de passage, nous prenons rendez-vous. Elle propose de l'eau dessalée. Elle nous dit que l'hiver (de mi-octobre à mi-décembre) est sa saison préférée : celle des pluies fines, des orages lumineux et d'une « toute relative » fraîcheur ! « Mais comparé à l’été,dit-elle, étouffant et so hot, c'est le bonheur ! ».

Nous sommes juste avant l'hiver. Cette période porte un nom que je n'ai pas réussi à comprendre …

 

Entre deux accalmies, nous nous risquons en ville où nous reposons nos oreilles ! C'est le monde à l'envers ! Se reposer en ville ! Un peu comme ces iguanes qui détallent à toute allure … le monde à l'envers !

Nous déjeunons dans des boîtes en polystyrène, près d'un groupe de salsa. C'est excellent et la musique est bonne ! « bonne bonne bonne », mais ce n'est pas du JJ.

Quelque fois, les filles récupèrent Swann pour une virée à la plage (la belle, celle de l’entrée, vous vous souvenez?! Avec les filles aux cheveux démêlés et les garçons aux cheveux gominés) et Stéphane continue son reappro quotidien avec Pascal.

Le vent souffle encore et encore. On apprend par Facebook que c'est pire à Carriacou (tempête tropicale, jusqu'à 50 nœuds de vent!).

Stéphane fait la rencontre de STELLA MARIS (Cécile et Sylvain-Yves). Ils ont fait le Guatemala, Panama, les Îles Caïman. Ils ont adoré. Tant mieux ! ce vent nous donne la lourde. On veut rêver !

Mais ce vendredi 20 octobre, nous dérapons.

Vers 15h, nous nous retrouvons côte à côte avec notre voisin de derrière ; Stéphane, qui lisait dans le cockpit, pensait en les voyant, qu'ils remontaient leur ancre ! Non non, ils brandissent des pare-battage pour éviter une collision ! Heureusement, la clef est sur le contact. On démarre, on avance. Les filles font de leur mieux : elles enlèvent la toile qui nous protège de la chaleur pour que je puisse y voir quelque chose depuis le poste de pilotage, elles attrapent un pare-battage chacune, elles me transmettent les mots de Stéphane partit à l'avant pour remonter notre ancre. Il faudra que nous nous y reprenions à deux fois pour que notre ancre accroche ! Par 30 nœuds, je dois mettre le moteur à fond pour avancer contre le vent. Les manœuvres sont lentes et laborieuses. Ce vent nous écrase. Stéphane passera sa nuit sur le pont.

Le vent ne cesse pas.

 

« Wouou, Wouou, fait le vent » extrait d'un livre dont j'ai oublié le nom, que je lisais souvent aux filles quand elles étaient petites, sur une nuit de tempête dans les Antilles.

 

Le lendemain est notre 2ème jour de très grand vent. Le salami sauve les pizzas ! Pfff

Dimanche 22, c'est pire. On ne sort pas de la journée, pas même Stéphane. C'est pour dire ... Une accalmie est prévue pour l’après-midi … mouaiche …

 

Le lundi, Cassandre accompagne Stéphane aux courses. Elle n'en peut plus de cet enfermement.

A 10h15, ils rentrent bien chargés et en cœur nous disent « On part faire les formalités. Départ demain pour le nord de l’île ! ». Ils avaient fait les courses avec ISLANDS COYOTE, Pascal et Mimi et SEAYOUSOON, Michel (Mimi aussi) et Nicole... Une fenêtre météo idéale s'ouvrait pour une entrée en Colombie en toute sécurité !

En effet, les caps sont toujours des endroits incertains.

D'une part, le Cabo de la Vela a la particularité d’être très proche d'un haut-fond. Un haut-fond est un fond haut, donc moins profond ! De plus de 2000 mètres de fond, on peut passer à moins de 50 mètres, ce qui entraîne forcément une augmentation de la hauteur de la houle.

Et d'autre part, le Cabo est en endroit plat balayé par les vents qui descendent de la Sierra Nevada ; des vents froids et violents, et la rencontre entre ces vents froids et la mer chaude entraîne souvent un temps …. mitigé ?!!!

Conclusion : les conditions météo de navigation idéales sont rares aux caps !

Avec Armance, nous étions en plein boulot de CNED. Nous avions pris notre allure de croisière ; nous avancions bien ! C'est la vie, nous lâchons tout ! Rangement des courses, « crémage », remplissage de deux bouteilles d'eau (on boit toujours des litres quand on vadrouille -idem quand on ne vadrouille pas!), lunettes, casquette.

Le vent souffle fort encore. Nous croisons les doigts pour que SOCA soit toujours à cette même place à notre retour et nous sautons dans notre annexe.

Pascal, Mimi et Swann sont déjà au ponton quand nous arrivons. Il n'y a plus de place, nous nous amarrons à leur annexe.

Puis, c'est le début de la longue attente du bus. Nous sommes rejoins par Michel et Nicole, et j'aurais l'occasion de discuter rapidement avec le papa et les filles de MAPPLE, les Canadiens que nous avions rencontré à Grenade et avec qui nous avions bien sympathisé. Ils sont arrivés il y a deux jours ; ils vont bien, très bien même ! Ils préparent l'anniversaire d'Iris qui aura 11 ans dans deux jours. Pour eux, ensuite, ce sera la Guadeloupe.

Un taxi-co passe enfin. Heureusement, il est vide ! Nous le remplissons !

Direction Punda. Il nous fait passer par de nouvelles routes. Cool … !

Il est midi moins dix lorsque nous arrivons. Nous avons faim. Les formalités, ce sera pour après manger. Nous proposons la charmante cantine que nous avons testée la fois dernière. L'option est retenue à l'unanimité. C'est partit pour les boîtes en polystyrène !

Il y a toujours pléthore de choix (salades nombreuses et variées dont le fameux Coleslaw, tomates, concombres, haricots rouges cuisinés, bananes plantain frits, yuka, riz créole, beignets de polenta, poulet, steak et porc grillés), toujours autant de locaux qui font la queue et le groupe de musique joue encore dans la rue !

Les enfants mangent sur une petite table à part. Et piapiapia et piapiapia ! C'est dingue ! Nous les attendrons !

Et puis, c'est le circuit des formalités : les douanes. Puis, comme une énorme goélette passe le canal, le pont flottant est ouvert, nous prenons la navette, qui nous ballotte … pire que pire ! L'immigration, re la navette (pourtant, la goélette est passée depuis longtemps ….), le marché flottant pour faire le plein de fruits et de légumes frais et retour à la gare routière de Punda où nous trouverons assez facilement un taxi-co … puisque nous sommes toujours 9 et que nous le remplissons ! Et tout ça mené au pas de course s'il vous plaît !

Le rendez-vous est donné pour l’apéro chez SEAYOUSOON. C'est un Océanis 45. De 2012. Autant dire qu'il n'a que le nom en commun avec notre Océanis 440, de vingt ans son aînée !

Je fais alors la rencontre de Yves, également invité, de ZIG-ZIG un Maramu 2000.

Son épouse est rentrée en France pour une quinzaine de jours. Stéphane avait fait leurs connaissances en Espagne. Ils se sont revus au Portugal aussi. Yves se souvient bien des filles … C'est drôle, tous ces chemins … Nous devrions nous revoir vers Carthagène ou aux San Blas …

Les minettes ? Et bien elles étaient restées avec Swann, sur COYOTE. Ils avaient prévu de regarder un film pendant que nous referions le monde !

Retourner en annexe jusqu'à elles fut laborieux !

Le vent dans le nez, une belle houle serrée, la nuit noire (il n’était pourtant que 20h30 … mais ici, à 18h30, l’éclairage public prend le relais de notre soleil !). La galère ! C'est dans des moments comme celui-là qu'on se pose la question de ce qu'on fait-là ! Nous pourrions être avachies sur notre canapés, dans notre maisonnette proprette, à regarder « Alice Nevers » et nous sommes-là, accroupis dans une annexe en plastique recouverte d'une moquette d'herbe fausse slalomant entre les bateaux au mouillage, leurs orins et leurs bouts, sautant de vagues en vagues (enfin, c'est le but. Mais pour cela, nous devons déjauger et l'avant dé-jaugeage est une torture pour tous les os de notre corps : on subit les bosses de l'eau, on se crispe, on se cramponne, nos doigts deviennent violets tant ils se contractent sur le pauvre bout qui fait office de main-courante …), nos cheveux volants dans tous les sens, finissant collés sur nos joues mouillées d'eau salée (Stéphane ne connaît pas ce supplice-là), en train d'essayer d’éviter les éclaboussures d'eau de mer qui martyrisent nos vêtements … Donc voilà. Et j'en passe.

Conclusion : mieux vaut ne jamais se poser cette question. C'est pour cela que dès que mon esprit est sur le point de la formuler, je fredonne la chanson des ALDEBARAN « poil dans la main, payé à rien foutre, regarder la poutre dans l’œil des voisins, …. » de Higelin et ça va tout de suite mieux (allez voir chez Mamounette!).

 

Le lendemain, à 8h tapante, nous levons l'ancre. Nous savions qu'il y aurait d'autant plus de vent dehors que nous en avions ici-même déjà énormément (alors que nous nous trouvions dans un cocon !), mais le vent use ; il nous fallait aller voir ailleurs. Nous n'en pouvions plus d'entendre siffler.

Et effectivement, dehors, nous sommes servi !

Le thermique a été terrible et nous a réservé des rafales à plus de 25 nœuds. Nous partions au lof régulièrement … ça nous a rappelé St Martin (encore !), LOLITO …. (ah, bien plus agréable pensée !).

Une fois passée Willemstad, se succèdent les quartiers d'immeubles, puis les raffineries et autres cheminées, et bien plus loin, les beaux lotissements d'abord, puis des regroupements de belles villas. A partir de ce moment, chaque plage propose ses parasols en feuilles de bananiers et ses Resorts. Nous soupçonnons que le sable blond n’est pas « local »... Trop blond dans ce paysage très brun.

Au terme d'une longue et éprouvante nav', nous arrivons enfin à Playa Abou, tout au nord de Curaçao.

La baie est faite de ce beau sable blond (hum hum) ; ses eaux sont turquoises. Nous mouillons par 7m ; nous voyons le fond.

Stéphane et moi allons faire un petit tour vers ce qui nous paraît être un site de plongée : une haute bouée blanche avec quelques écritures illisibles ...

Nous progressons rapidement ; tout compte fait, ce fond nous inquiète. Il nous oppresse. Il est finalement plus blanc lunaire que blond tendre et des empreintes indélébiles semblent incrustées dedans. Curieux quand même, car jusqu'à présent jamais nous n'avons vu de fond statique ... Nous sommes mal à l'aise, nous n'osons nous parler. Près de la bouée, là où la profondeur est moindre nous comprenons : ce fond si blanc, ce n’est pas du sable, c'est de la poussière de coraux morts. C’est en fait un paysage de désolation qui règne sous nos pieds. Des bâtons de coraux creux, usés, polis, jonchent le fond. Partout. La flore est morte. Nous apercevons des « squelettes » calcifiés restés droits. Nous palmons en silence. C'est triste.

Nous verrons quand même quelques très beaux poissons ; de ceux des Caraïbes. Ils ressortent terriblement bien sur ce fond blafard. Nous espérons qu'ils rompront ce cycle et ramèneront la vie ici …

 

Ceci explique pourquoi nous avions eu tant de mal à mouiller ; en effet, l'ancre n'accrochait jamais. Elle avait en fait mille peines à transpercer cette croûte tellement dure, comme colmatée.

La nuit fut longue. Malmenés par une petite houle de travers.

 

5h20, le réveil sonne. Nous avons déjà les yeux grands ouverts depuis longtemps Stéphane et moi.

C'est allumé chez les COYOTES. SEAYOUSOON a prévu de lever l'ancre vers 8h ; ils vont beaucoup plus vite que nous … Ils dorment encore.

6h, nous sommes prêts. 6H15, nous disons au-revoir à Curaçao que nous remercions pour son accueil. Nous sommes certains que nous n'avons rien vu d'elle, qu'elle nous a caché tous ses secrets. Une autre fois ...

 

Il n'y a pas grand chose en vent. Nous sommes vent-arrière avec une houle de travers. Nous n’avançons pas vite, 4 nœuds max. Ce n'est pas assez ...

Les COYOTES nous doublent (leur grand-voile est trois fois plus grande que la notre, quand même. Ça compte !) et rapidement, ils ne sont plus qu'un triangle blanc qui s’éloigne.

Vers midi, nous approchons d'Aruba. Nous sommes accueillis … par un champ d’éoliennes cette fois-ci ! Puis nous distinguons une vingtaine de cheminées sur le front de mer. Il y a des habitations juste derrière ! Après, une dizaine de cuves à hydrocarbures et toujours des habitations derrière ! Ensuite, plus rien. De la terre marron claire. Aride.

 

Puis ce sont une quinzaines de gros cargos qui grossissent face à nous. Ils sont au mouillage, en plein milieu de l’océan ! De loin, on se demandait bien ce que c’était que ces hautes tours, perdues-là, en pleine eau. Ils sont en attente pour charger ou décharger ... Nous en faisons le tour. Un grand tour ! Ils prennent de la place ! Longtemps nous les verrons derrière nous, une fois la nuit tombée, illuminés.

La nuit est très calme. On devons faire du moteur pour recharger les batteries et nous sommes toujours ballottés. Le ciel est bien dégagé, propice à l'observation des étoiles. Dommage, je n'ai pas regardé où chercher Aldebaran. Peut-être aurais-je pu la voir ….

Vers 6h, le vent monte.

Vers 14h, le temps commence à être long. Nous avions prévu d'arriver vers midi car à cette heure-ci, nous aurions eu très peu de vent au Cap. Nous nous prenons désormais de belles rafales et on ne peut plus lire tranquillement ! Et le temps est gris.

Le Cabo de la Vela, « the » spot des kites surfeurs de Colombie !

Mais voilà, les heures passent, le vent monte, nous sommes au près, la houle est de travers et il y a un courant contre nous! « Nous n'arriverons pas avant 17h » calcule Stéphane. Croisons les doigts pour que ce ne soit pas un gros bouillon là-bas.

Je prends plaisir à regarder les poissons-volants. Il y en a ici aussi. Comme d'hab, ils volent gracieusement et finissent toujours par s’écraser piteusement ! De grands malades !

Un énorme papillon de nuit taille XXL s'accroche sur notre chariot de grand-voile. « Ils est mort ? » me demandent les filles. « Mais non, sinon, il se serait envolé ! ». Elles me regardent, perplexes. Elles retournent à leurs lectures sans demander leur reste. « Il ne bouge pas. Il est mort » me dit Stéphane. « Mais non, ... » et je comprends mon erreur de formulation « s'il était mort, le vent l'aurait emporté. Il se cramponne, il est en vie ! ».

On voit le Vénézuéla. Nous avions tellement œuvré pour en rester loin. Nous sommes à moins de 10 000 nautiques ! Nous voyons un champ d’éoliennes, un port de commerce. C'est aride ici aussi.

Et enfin, le fameux caillou à contourner pour passer le cap. Pour entrer en Colombie.

Pas manqué, ça souffle dans tous les sens à cet endroit-là. Et puis ça brasse beaucoup aussi. « Brasse-bouillon ! » « Brasse-couillons plutôt ! ». On empanne, mais doucement. Nous étions aux aguets, la main sur l’écoute de grand-voile, prêts à intervenir. Le génois était rentré en prévision. Les COYOTES appellent ce petit vent de bord de côtes avant mouillage le thermique d'accueil. Ce n'est donc pas un mythe !

 

Nous mouillons par 20 nœuds et profond en plus ! La baille à mouillage ne tient pas ouverte ; le vent l’écrase, la referme ! Par contre, le fond est d'excellente tenue. Du premier coup c'est bon ! Nous nous en félicitons ! Merci Ensenada Huaritcheru pour ton hospitalité !

 

Le soleil va se coucher. Nous sommes … ailleurs ! En Amérique ...

 

 

 

 

 

« tirer sa buche » en québécois : prendre une chaise..

 

 

 

 

 

Please reload

Retrouvez-nous

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Rechercher par Tags
Please reload

Archives
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2026 Publiée par SOCA created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now