May 22, 2018

May 6, 2018

April 23, 2018

April 3, 2018

February 1, 2018

January 20, 2018

January 10, 2018

November 16, 2017

October 26, 2017

Please reload

Posts Récents

Colombie

November 16, 2017

1/1
Please reload

Posts à l'affiche

Colombie

November 16, 2017

 

Du jeudi 26 Octobre au jeudi 16 Novembre 2017

 

 

Le Cabo de la Vela

 

Ca y est ! Nous sommes en territoire Indien !

La baie est immense. Nous avons posé notre ancre non loin des COYOTTE et de SEA YOU SOON.

Le vent vient de la montagne. Il restera ainsi orienté les deux jours de notre séjour. Nous aurons, de ce fait, toujours le nez face au petit village que nous distinguons loin devant.

Sur notre gauche s’étend une immense plage et plusieurs ensembles construits que nous qualifierons de « resorts ». Mais aucune comparaison ne peut se faire entre ce que nous avons sous les yeux maintenant et les fameux resorts que nous avons passés sur Caraçao. Ici, tout est aux couleurs de la nature car tout est nature. Pas de plastique, pas de tôle.

En arrière plan, des collines arides se croisent laissant paraître un petit chemin caillouteux et sec. Le moindre souffle d'air soulève une poussière ocre. Des buissons ronds, semblables à ceux qui roulent dans les Western, se laissent ici aussi porter.

De loin, nous avons du mal à distinguer de quoi sont fait exactement les bâtiments, mais les toits sont de végétaux séchés. Nous pouvons presque entendre le bruissement des feuilles que nous voyons danser …

Des troncs et beaucoup de bois flotté sont échoués sur la plage. Ce sont les seules traces de végétation que nous voyons.

Il est tard. Pourtant aucune lumière ne brillent dans les chaumières. Nous avons bien distingué quelques ombres en mouvement. Il y a donc de la vie ici. Et puis, sur la colline du Cabo, où se dresse une grande croix blanche, des hommes ont utilisé des pierres blanches pour offrir quelques mots à l'immensité. Nous ne les lisons pas, ils ont du sens pour d'autres ; mais c'est aussi une preuve !

 

Notre première nuit en territoire Colombien fut excellente. Nous étions épuisés certes, mais nous nous savions aussi en sécurité. Notre petit doigt nous avait dit … !

Ainsi, le vent nous a maintenu en place. Cette fois-ci, nous ne nous en plaindrons pas ! En aplatissant la mer, il nous a assuré une nuit toute aussi plate. Pas de houle. Et puis si toutefois nous avions dû décrocher, aucun risque de collision avec d'autres bateaux ; derrière nous, il n'y a que la mer.

Nous avions aussi pris soin de bien ranger dans le four tout notre informatique, car nous assistâmes à un festival d’éclairs sur le continent dès la nuit tombée. Si l'envie en prenait à l'orage de suivre le vent, nos PC seraient en sécurité. Mais il faut croire que d'autres vents soufflent autrement sur la terre ferme car jamais l'orage ne nous rejoignit.

 

La lumière qui nous réveille est douce. Ouatée. La nuit fut fraîche ! Quel délice ! Le vent est tombé. Il est tôt, 6 heures peut-être, quand nous entendons un premier bruit de moteur hors-bord. Des pêcheurs sans doute ...

On s’étire, on rassemble nos esprits, « on est où déjà ?! » « Ah oui, au Cabo de la Vela ! » (après les meilleures nuits et en période de transit, lorsque nous multiplions les stops le longs des îles ou des côtes, nous sommes souvent égarés au petit jour : « Où sommes-nous donc aujourd'hui ?!!! »).

Vite, voyons-voir à quoi ressemble le paysage de jour !

Nous voilà dans le cockpit. Mais notre première attention sera pour une barque de … pêcheurs ! Deux jeunes gens se trouvent tout proche. Ils nous lancent un grand sourire ! « Bienvenidos ! ». Ils s'approchent, s'amarrent et commencent à nous poser plein de questions : d’où venons-nous, de quelle nationalité sommes-nous, c'est où la France ? Comment s'appelle les filles, quelle âge ont-elles, elles sont trop mignonnes !

Puis ils nous montrent le poisson qu'ils viennent de pêcher. Un gros poisson que nous avons du mal à identifier. Nous leur demandons si c'est un barracuda ! «  No ! » répondent-ils en cœur, le front plissé et les sourcils remontés, d'un air de dire « bien sûr que non ! ». Bon, alors nous sommes déjà rassurés sur ce point ! Le barracuda, dans une grande partie des Caraïbes, est impropre à la consommation. Il véhicule la ciguatera. Nous constatons qu'ici aussi, le barracuda n'est pas davantage comestible … Mais qu'est-ce donc alors ? « Es un carite ! » « Ah, muy bien ! Pero es demasiado grande para nosotros ! ». Bon, on a cherché ce qu’était un « carite » ; on n'a pas trouvé ! Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas de pesos et seulement un billet de 10 euros ! Ça leur convient ! Ils disent qu'il y a beaucoup de français au village. Qu'ils trouveront bien quelqu'un pour le leur échanger. Alors, ils sont cool. Nous pensons que c'est le propriétaire du bateau, qui se nomme Yeiler Barliza -son ami, c'est Gorge-, qui nous demande un grand contenant, du sel et un couteau : et devant nos yeux ébahis, nous assistons au tranchage du « carite » ! Il nous explique plein de choses que nous ne comprenons pas, avec un large sourire et des regards très protecteurs sur les filles. D'ailleurs, le poisson, c'est excellent pour leurs santés, nous disent-ils ! « Les enfants doivent manger du poisson ! »

Leur bateau, c'est « el EDUADOŇO ». Yeiler est très fiers de son moteur, un « Yamahaa » de ??? CH. Il a dû en vendre un certain nombre de « carite » pour pouvoir se l'offrir ...

Nous nous retrouvons au petit déjeuner, avec 12 énormes tranches de poisson frais !

Nous en proposerons à COYOTTE et à SEA YOU SOON, mais leur frigo sont plein de denrées à consommer d'urgence. Alors COYOTTE nous propose une place dans son congélateur ! Quelle excellente idée. Le « carite » nous fera quelques bons repas. Sa chaire est grasse et fine. Juste revenu à la poêle, c’est un délice !

 

En milieu de matinée, les COYOTTES passent nous chercher.

Nous visons le « resort » sur notre gauche. La petite ville, tout au fond, est vraiment trop loin. Même à pied, nous n'irons pas. Nous la voyons, puisque aucune végétation ne gêne notre visibilité, mais la distance est réelle, et la chaleur … ! On a l'impression que chaque pas nous en éloigne.

Nous sommes encore loin de la plage quand un pêcheur nous fait de grands signes. C'est un Indien d'une cinquantaine d’années peut-être. Il n'est vraiment pas très grand. Sa peau est tannée par le soleil ; il est profondément ridé. Ses yeux bridés sont rieurs ; il est heureux de nous voir, heureux de nous faire visiter son village. Il paraît fiers d’être celui que nous allons suivre. Il était passé la veille sur COYOTTE avec son fils âgé de 6 ans pour vendre des sacs typiques d'ici que sa femme confectionne.

Nous sommes donc invités à aller jusqu'à chez lui. Il veut nous présenter sa famille et nous montrer tous ses sacs.

Nous traversons son village et voyons beaucoup d'hommes. Tous sont rassemblés dans une petite cabane. Les femmes restent dans leurs maisons, ou leurs « ensemble de maisons », puisque la chambre de la famille semble se trouver dans une cabane (nous pouvons voir un ou deux hamacs tendus et du linge par terre), dans une autre, il y a la cuisine et il y en a d'autres. Il y a aussi beaucoup d'enfants, des poules aux longs cous et énormément de chiens.

Nous aurions bien emprunté quelques dollars à nos collègues de navigation, mais les indiens n'en veulent pas. On dirait qu'ils n'en n'ont jamais vu. Ils paraissent en avoir presque peur. Nous proposons alors au monsieur de passer plus tard sur notre bateau ; nous lui préparerons un petit colis de denrées alimentaires car à la vue des gros ventres des enfants maigres, nous supposons que ce bout de Colombie doit être bien isolé dans ce grand pays.

Nous continuons notre chemin jusqu'à un bar Wifi de Kite Surfeurs. Il est tenu par un jeune couple de colombiens. Ils sont ici pour le vent ! Le bar héberge aussi une école de kitesurf.

Nous trouverons ici, une bonne wifi ! Incroyable ! Au milieu du désert, qui l'aurait cru ! Nous discutons avec un français qui est ici pour deux mois. Il nous apprend qu'il y a en ville, deux autres écoles de kitesurf et beaucoup de français, venus ici pour s'adonner à leur passion.

La baie est en effet immense et assez protégée ; il y a peu de houle. Mais à partir de 12h, le vent s'engouffre jusque tard dans la nuit. Du coup, le sportif choisit son horaire de pratique en fonction de son niveau !

 

Sur le retour, nous choisissons de déjeuner dans le restaurant de ce fameux « resort ».

La salle est immense. Enfin, je ne sais pas si un abri avec des cloisons laissant la place aux ouvertures (fenêtres, portes) mais seulement la place car sans fenêtre ni porte, et sans sol (outre du sable) peut être appelé une salle ? Enfin, ce lieu doit pouvoir accueillir une centaine de personnes. Ce sont des bus entiers qui doivent passer par là, de temps en temps. Dehors, nous identifions le parking ... Nous mangeons un plat typique au cabri. C'est raide, mais très bon quand même !

Il est 15h quand nous nous en retournons. Comme nous l'avaient annoncé les personnes croisées, le vent s'est bien levé et désormais les rafales sont puissantes. Nous sommes contents d’être raccompagnés par COYOTTE ! Leur annexe est plus lourde et plus puissante. Nous aurions mis un petit peu de temps à rentrer autrement ! Et effectivement, peu après le coucher du soleil, le vent retombe et tout redevient plat et silencieux.

Le soir, nous cuisinons notre poisson. Au four. Excellent !

De l'autre côté de la colline, il y a le Venezuela. Dommage que nous devions partir demain, nous aurions bien jeté un petit coup d’œil là-haut ! Comme nous sommes en transit, sous pavillon jaune, nous ne pouvons nous éterniser en route. Lorsque nous nous mettrons en règle, il se peut que nous ayons à justifier les jours depuis notre départ de Curaçao.

Le lendemain, nous reprenons ainsi la route. Direction la 3ème baie du lieu-dit des « 5 baies » soit, la Ensenada Gayraca.

 

Un jour et une nuit

Départ 8h avec les COYOTTE. Les SEA YOU SOON prennent leur temps.

Le vent nous pousse hors de la baie et une fois au large, plus rien. La mer est plate. Nous gardons la grand-voile (au cas ou elle pourrait attraper une once d'air!) et mettons le moteur.

Alors que nous bricolons, lisons, « rousinons » bien tranquillement (forcément), nous sommes rattrapés et doublés par les COYOTTES … qui nous surprennent dans notre oisiveté ! Un bon coup de sifflet nous fait sursauter ! Ils sont morts de rire, à 30 mètres de nous !

Plus tard, Stéphane entendra le « tuff, tuff, tuff » d'un moteur. Nous sommes en pleine mer, nous ne distinguons plus la côte. Il s'agit d'une barcasse de pêcheurs. Ils sont deux dans cette barque en bois propulsée par un moteur si léger. C'est de la folie, pensais-je.

Nous passerons ensuite la nuit la plus illuminée de notre voyage.

Rebelote : toute l'informatique dans le four ! Il y a de l'orage tout autour de nous et cette fois-ci, le tonnerre ne se fait jamais attendre. C’était « flippant » !

Quand je prends mon quart à 2 heures, nous avons passé la zone orageuse. Il doit y avoir quelque chose dans la configuration du lieu car je peux toujours apercevoir les éclairs loin derrière nous. Ils n'ont pas bougé !

A 5 heures, Stéphane me relaie. Les filles se lèvent ensuite avec la fraîcheur : au loin, nous distinguons la Sierra Nevada et ses sommets de neige éternelle. C'est grand. Et c'est fou, nous quittons tout juste le désert...

A l'approche de la 3ème baie, des dauphins bien tranquilles viennent nous saluer. A l'entrée, nous sommes visités par un gros papillon noir d'abord, puis deux autres jaunes, de belle taille.

L'eau est très claire, dans les tons de vert. On la croirait froide.

A midi, nous sommes installés. Swann passe nous voir en paddle. Nous découvrons des quantités de bébés balistes mortes. Elles sont magnifiques, bleues, vertes, mais sans vie. Il y en a des centaines. C'est terrible. Nous apprendrons que c'est du fait d'un courant chaud. C'est la première année que la Colombie voit ça sur sa côte.

Sinon, la baie est magnifique. Nous sommes entourés de verdure et de chants d'oiseaux. Le fond est de bonne tenue et la plage est faite de galets.

Stéphane et moi irons faire un petit tour à terre dans l’après-midi. Il y un restaurant pour bus de tourisme, la maison de Reynaldo, une autre de pêcheurs et la nature épaisse et bruyante.

Nous faisons facilement la rencontre de tout le monde.

Comme nous sommes curieux de mieux comprendre le pays, Reynaldo nous prête une revue « Semana » entièrement consacré à Gabriel García Márquez, une personnalité importante. J'en ai mis quelques extraits chez Mamounette.

Le soir, nous débriefons chez SEA YOU SOON !

 

Le rendez-vous est donné pour 8h le lendemain. Nous rejoindrons la Playa del Amor par un chemin longeant la côte, mais à travers la forêt !, pour une petite baignade. Là-bas, il y a du sable. On se croirait dans un lagon. Qu'est-ce que c'est beau !

Nous croisons un pêcheur qui brique sa barque ! Il nous parle des balistes, des changements qu'il voit s'effectuer ici, jour après jour. Il nous parle du réchauffement climatique.

En fin de journée, les MERE VEILLEUSE arrivent dans la baie. Ils ont fait une navigation agréable depuis Curaçao et sont contents de se baigner !

Le soir, c'est apéro au bateau. Pascal et Stéphane ont pêché des langoustes dans l’après-midi ; Pascal prépare l’aïoli !

Excellent !

 

Le lendemain nous revoilà partis. Départ 6h.

En première intention, nous souhaitions regagner Santa Marta, mais nous avons appris en cours de route que cette ville et celle de Carthagène ne font pas parti du même district. Qu'il faudrait ainsi faire deux fois l'immigration et les douanes. Les tarifs évoluant de mois en mois, ils étaient, aux dernières nouvelles passablement élevés et la courbe des tarifs ne semblant pas fléchir depuis plusieurs mois, nous abandonnons donc le stop de Santa Marta et privilégions celui de Carthagène.

Nous ferons ainsi une halte à Puerto Valero, une station balnéaire en devenir, entre Santa Marta et Carthagène.

Puerto Valero est extrêmement bien protégée, blottie tout au fond de sa baie, qui est immense. Quelque soit la provenance de la houle, la configuration du lieu fait que, si toutefois elle parvenait à rentrer, jamais elle ne parviendrait à en toucher le fond !

Nous passons prendre une p'tite bière chez COYOTTE à l’arrivée et les enfants font quelques ploufs !

 

Mercredi 1er novembre, 6h, nous levons l'ancre et hissons les voiles !

En haute mer, nous prenons des rafales à 30 nœuds. La mer est formée et particulièrement désordonnée. Nous nous faisons bien secouer. Nous n'oublierons pas le passage de Bartranquilla : nous y trouvons les effets de cap, de fonds marins et de remontées abruptes conjugués !

A tout cela s'ajoute l'effet de courant généré par le fleuve Magdaléna. Il se propage en entonnoir depuis la côte vers le large. Son embouchure est immense.

Au fur et à mesure que nous nous en approchons, nous voyons la couleur de l'eau changer. De bleu outremer, nous passons au vert kaki clair puis foncé, au marron fluide puis au marron épais (très peu tentant !). De translucide à opaque. De saine à fort douteuse ! Je guette les troncs d'arbre avec Cassandre à l'avant. Il y en a beaucoup. Et bien d'autres choses flottent : du plastique, des tongs, des jacinthes des mers...

Passée Barranquilla, nous reprenons notre dégradé de couleurs en sens inverse.

Nous remettons cela à l'approche de Carthagène !

 

 

A Carthagène, pour entrer dans la baie devant la ville, il faut franchir un mur sous-marin. Il a été construits par les Espagnol pour empêcher les attaques de pirates. Aujourd'hui, une brèche a été creusé pour permettre les passages des bateaux par Boca Grande. C'est par là que nous entrerons, en passant entre deux bouées distantes d'une vingtaine de mètres l'une de l'autre. La houle nous fait avancer par à-coup. Notre capitaine assure un passage par son juste milieu ! Une autre possibilité aurait été de faire le tour de l’îsla Tierra Bomba et passer par Boca Chica.

 

La traversée de la baie n'en finit pas. Il y a une activité importante sur l'eau. Des navires de l’armée sont mouillées au milieu. Au loin, sur notre droite, nous distinguons l'immense port de commerce qui finit par se perdre dans la brume tant il est étendu !

Au phare, nous prenons bâbord et suivons le chenal. De petites navettes hyper-rapides sillonnent la baie. Elles créent un remous extrêmement inconfortable. Le vent nous vient de face.

Nous passons la statue de la Vierge Marie et finissons par entrer dans la zone de mouillage … qui empiète un chouïa sur le chenal. Face à nous, la vieille ville et les sommets de tous ses plus beaux monuments.

Nous passerons plus d'une heure à essayer de mouiller. Le fond est de mauvaise tenue, l'ancre n'accroche jamais tout de suite, et quand elle prend enfin, nous sommes trop prêts d'autres bateaux. Le guindeau nous jouera un mauvais tour. Avec ce fort vent qui nous poussait sur un voilier, le simple souvenir du temps de sa remise en fonction m’accélère le rythme cardiaque ! Ce n’était qu'un mauvais moment à passer, très inconfortable, la tentative suivants étant la bonne ! Mais nous étions alors en bordure de chenal ….

De l'autre côté du chenal se trouve la base navale. Nous décompressons au sons des ordres sifflés de la marine.

 

Le sifflet de Bosco : premier élément de notre quotidien carthaginois !

 

Le lendemain, nous sommes réveillés à 6 heures par le roulis du bateau. Nous sommes secoués comme en haute-mer par mauvais temps ! Même la bouilloire a du mal à rester en place sur la gazinière !

Ce sont ces fameuses affreuses navettes qui nous avaient infortunées la veille déjà ! Nous avions mal identifié la chose : ce sont des navettes d'ouvriers conduits au boulot ! Elles foncent toutes vers le port de commerce, l'immense port de commerce, et elles en reviennent, tout aussi rapidement, vides ou chargées de main d’œuvre aux traits tirés. Elles n’hésitent pas à frôler le bateau, l'objectif du pilote devant être de transporter ses clients au plus vite …

 

Les navettes du port de commerce : deuxième éléments de notre quotidien carthaginois !

 

A 10h, le CNED est bouclé. Nous avons rendez-vous à la Marina du Club Naútico avec David Arroya qui sera notre agent, notre intermédiaire entre les douanes et l'immigration. Les transactions ne se règlent pas directement entre les plaisanciers et les Bureaux Officiels. Je me dis aujourd'hui que peut-être, aurions-nous dû essayer la voie « non officielle » et taper directement aux portes. Rien n'a jamais été très clair avec David et même si nous avons réglé des frais beaucoup moins élevés que d'autres plaisanciers (pour certains, arrivés une semaine avant nous?!!), je pense que nous aurions pu passer beaucoup plus de temps en Colombie en ne payant pas quatre fois plus cher.

Nous rencontrons une collègue de David. Elle prend nos passeports pour les faire passer par l'Immigration.

Nous sommes libres de circuler ; alors circulons ! Direction el Centro Historico de Cartagena de Indias !

Nous grimpons dans un taxi jaune. Ils sont 10 000 à arpenter les rues de la ville.

Pour 4 personnes, c'est 7 000 ou 8 000 pesos (comme pour 1 personne d'ailleurs!), soit 2 €.

 

Le taxi jaune : troisième éléments de notre quotidien carthaginois !

 

Grâce au taxi jaune, nous allons partout pour trois fois rien. Il y a bien des bus, mais comment les prendrions-nous ! Il n'existe pas de plan des bus, nous les voyons s’arrêter à peine pour prendre quelques passagers, et les gens sont encore sur les marches quand ils démarrent sur les chapeaux de tour. Les portes ne sont jamais fermées et semblent aspirer les gens vers l’extérieur, et ils roulent comme des cinglés, il faut bien l'avouer ! Carthagène n'est pas non plus hyper embouteillée comme ville, mais les bus donnent l'impression d'un bazar constant : ils coupent les routes pour se rapprocher des trottoirs, ils klaxonnent à qui mieux mieux, ils prennent des passagers aux milieux des chaussées. Il y a même un gars à l'avant qui hèle les passants comme si on allait monter dans son bus comme on décide d'acheter une orange sur un étale ! Nous sommes restés stupéfaits à un carrefour : nos yeux ne pouvaient se détacher de la circulation. C’était un sketch de pure folie, de haute voltige ! Encore maintenant, nous séchons ! Les mots nous manquent pour expliquer ce que nos yeux ont vu ! Enfin, tant pis pour l’expérience « bus »  nous en avons déjà bien profité !

 

Le Centre Historique de Carthagène est une pure merveille. La vieille ville est tout simplement magnifique, et l'on sait que plus les choses sont simples, plus elles sont compliquées ! C'est donc un chef-d’œuvre dans lequel nous nous promenons ! Les bâtiments anciens sont extrêmement bien entretenus, les rues sont parfaitement nettoyées, les magasins sont outrageusement chics … rien de comparable avec le reste de la ville ! Mais quelle splendeur !

Nous lui préférerons cependant le quartier de Getsemaní. Notre culture de la Colombie n’étant pas à la hauteur de ces bâtiments historiques, nous nous sentons moins perdus dans ce quartier d’habitations bohèmes. L'art est partout et facilement accessible. L'ensemble est délabré, mais esthétique de notre point de vue. Et puis surtout, nous ne sommes plus là, considérés comme des touristes. Nous passons. Nous sommes des passants. Et cela, nous préférons !

 

Getsemaní : notre coup de cœur carthaginois !

 

Au retour, nous prenons notre première douche d'eau de la ville sous un pommeau depuis 4 mois ! Qu'est-ce que ça fait du bien !

 

La douche de la marina : quatrième éléments de notre quotidien carthaginois ! Eau salvatrice, qui répare nos corps de trop de ville !

 

Vendredi 3 novembre : journée shopping. « ¡ A la orden ! » « À votre service ! »

Nous commençons par le magasin Callypso, un magasin de tissus professionnels. Notre grand-voile n'a pas de bande anti-UV malgré que le soleil passe par la fente de l'enrouleur. Résultat : la partie exposée s’abîme. Nous achetons ce qu'il faut de Sombrela non imperméable ! Et comme nous sommes dans le quartier des tissus, nous prenons quelques mètres de tissus pour hamac ! Sait-on jamais, si l'envie nous en prenait de nous la couler douce ;)

 

Pour déjeuner, nous nous rendons dans le quartier de Getsemaní ! Pour 3 €, les resto traditionnels offrent un choix de « Carne Asada o guisada, una sopa de pollo, de carne o de pescado y un vaso de jugo de tomate de árbol ». Excellent ! Même si, à la longue, les filles ne supporteront plus la « carne » quelle qu'elle soit !

L’après-midi, nous visitons le Parc du Bicentenaire. Les filles donnent des noisettes aux écureuils et s’émerveillent devant les iguanes aux couleurs éclatantes ! On aurait pu croire qu'un l'animal s’était roulé sur la palette d'un peintre ! J’achète quelques bouquins de GABO au marché aux livres.

Sur le retour, nous nous arrêtons au Centre Commercial de San Felipe pour acheter une carte de téléphonie TIGO.... qui ne marche pas ! Nous ne sommes décidément pas très doués avec la 3G, ça ne fonctionne jamais ! Internet, la scélérate !

 

San Felipe est le quartier du « Castillo » (château). El Castillo de San Felipe. Les filles joueront à se perdre et à nous faire peur dans son labyrinthe souterrain ! Malheureusement, les voix principales du château ont été bétonnées ainsi que toutes les parties endommagées. Certes, le château permet de comprendre l'Histoire, mais sa méthode de rénovation est dommageable. Il est certain que tout ce qui est figé par le béton ne bougera plus cependant !

 

Le dimanche, Cassandre, Armance et moi tentons l’expérience « Cinéma » ! Nous allons voir « Thor » pour 1,50 € par personne !

Les gens entrent avec des plateaux entiers de nourriture (junk-food!), les enfants circulent pendant tout le film et jouent au pied de l’écran, ça discute sans arrêt … une sortie familiale !

Les filles sont fans. Et malgré la langue, elles rient beaucoup !

 

Ce lundi 6 novembre est un jour férié. Nous le constatons à 7 heures du matin le jour-même ! Nous nous réveillons naturellement ! Étrange, étrange …. ! Pas de navettes ! Magnifique ! Du coup, nous passons la journée au bateau : CNED, blog, cuisine, lectures … Du repos !

 

Le lendemain, nous décidons de refaire un tour du Quartier Historique. Entre-temps, nous avons compris (et appris !) deux trois trucs et nous souhaitons vérifier !

J’espère aussi pouvoir trouver une « Poste », que je ne trouverai pas ! Le courrier postal ne se pratique pas du tout en Colombie. Il existe des Boîtes Postales, mais personne ne sait où, et comme les Colombiens aiment aider, même quand ils ne savent pas, ils vous indique une direction. Ainsi, après des heures de recherches, nous rentrerons bredouilles !.

Et puis nous avons pris l'habitude d'aller rendre visite aux Alliances Françaises qui se trouvent sur notre chemin. Nous aimons bien y faire un tour en général, juste pour voir ce qu'est la France dans le pays où nous sommes et sous quel angle les locaux l'aborde. C'est toujours intéressant, on y fait parfois des rencontres surprenantes !

 

Nous n'avons bientôt plus de gaz et la Colombie ne fonctionne pas au propane. Nous devons donc faire l'achat d'une bouteille de butane et trouver un détendeur.

Voici à quoi va être consacrée notre journée du mercredi. Jamais on ne s'ennuie !

On nous envoie dans le Centre Commercial du ROTULADOR. Le taxi hésite à nous laisser à deux encablures (nous avions une course à faire). Nous l'assurons que tout se passera bien « Ben oui, forcément ! » mais on perçoit le doute sur son visage de jeune papy. Sur le coup, on ne comprend vraiment pas pourquoi !

Notre petite course se passe bien. Direction le Centre Commercial. Nous avançons dans une rue à deux voix de chaque côté. D'un espace hyper aseptisé, nous passons à un lieu très populaire en un rien de temps, au détour d'un escalier ! Bientôt, nous entrons dans un marché sauvage qui se dresse tout le long de la rue. Nous sommes alpagués, mais l'ambiance est bon-enfant. Nous pensons que le marché va bien finir par laisser la place au trottoir, mais il n'en est rien. Plus nous avançons, plus nous nous enfonçons dans ce dédale de tentes, d'objets en tout genre, d'odeurs plus nauséabondes les unes que les autres. Ça pourrait sentir bon ; nous voyons faire de beaux beignets … Mais non. Quelque chose prend le dessus. Il y a une poussière pas possible. Le tout est vraiment sale. On nous indique toujours le Centre Commercial plus loin. Nous ne sommes donc pas perdus. L'image du chauffeur de taxi me vient à l'esprit. « Je comprends, alors ! ». Mais où sommes-nous, diantre ! Bienvenus au Mercado Bazurto, le marché le plus fou que l'on n'ait jamais vu. Il bouillonne de vie. Le sol est crasseux. Un quartier complètement déserté des touristes. On ne ressent pas insécurité … sauf sanitaire peut-être ! Nous trouvons notre Centre Commercial (in extremis, il fallait vraiment avoir les yeux grand ouverts !) qui se résume à un couloir dans lequel sont entassées quantités de vendeurs avec tout leur bazar. C'est dingue. Nous trouvons notre détenteur. Il ne coûte rien. Stéphane dit « On n'utilisera pas leur tuyau ! Sinon, c'est bon ! »

Vite, retournons dans notre monde aseptisé. Une dame manque de cracher sur le pied d'Armance ! C’est la goutte d'eau ! Armance a besoin de confort ! Cassandre a trouvé la sortie intéressante. « Si on doit y retourner, j'y retournerai ; sinon, non ! ». Armance, c'est hors de question ! « Vous me laisserez au bateau ! ».

Près de la marina, nous déjeunons dans une espèce de cantine locale : il y n'a que les locaux et surtout, on se croirait chez quelqu'un, les uns vont, les autres viennent, tout se passe avec très peu de mots. Il y a de furtifs hochements de tête, on se salue en silence … Manque de chance, le lieu est infesté de moustiques ! Nous étions affamées, les filles n'arrivaient plus à faire « avancer leurs pieds » et tous ces moustiques, c'est la goutte d'eau ! Elles ne peuvent même pas profiter de leur jus de Tomate de Arbol ! Non mais !

Enfin, nous sommes claqués (mais repus) quand nous rentrons. Avec Armance nous ressortons aussi sec pour … aller faire de l'Internet (son anglais) au bar de la marina ! Là, elle a le droit de prendre un pur jus (un batido) de fraises, de fruits de la passion (maracuja) ou d'ananas (piňa) ; rien que du bonheur ! Ça la requinque ! Je le vois bien !

 

On écoute la radio Colombienne :

97.5 TROPICANA

    1. OLIMPICA

 

Le lendemain, el Seňor Jaime nous trouve notre bouteille de gaz. Il se fait conduire par un ami en barque jusqu'à SOCA. Bizarrement, le prix a doublé. Alors on renégocie une nouvelle fois !

Armance se refait « plaise » avec un petit jus ! Ah, on avance vite en anglais quand les conditions de travail sont agréables !!! Et avec Stéphane, nous partons en amoureux finir les achats de noël pour les filles. Nous montons dans un taxi jaune devant la marina, ça nous coûte 7 000 pesos pour aller jusqu'au Mall (mot anglais qui signifie Grand Centre Commercial). Et pareil pour le retour ! C'est tellement pratique. Mais pourquoi n'existe-t-il pas un tel service dans nos grandes villes ?! Pourquoi ?

Le soir, nous assistons au plus beau feu d'artifice.

Il a lieu au dessus de la vieille ville qui se trouve, justement, face à nous ! Et par chance, aucun bateau ne nous coupe la vue. Nous en profitons pleinement, surtout moi, qui d'ordinaire, ne suis pas fan du tout ! Mais là, comment rester insensible; tout le quartier historique est magnifiquement mis en valeur !

 

Le 11 novembre, nous faisons ce que nous appelons dans le langage familier, notre « sortie », c'est donc à dire, les papiers officiels. Le départ est prévu demain, mais la Colombie ne disposant pas d'autres lieux de sortie au-delà de Carthagène, elle autorise les plaisanciers à naviguer dans ces eaux une bonne semaine encore après la sortie officielle. Ça tombe bien, nous n'avons pas terminé notre visite !

Le 11 Novembre, c'est aussi le jour du défilé du Carnaval. Il a lieu rue Santander, une grande route qui longe la mer. Nous profitons de cette belle et chaude journée avec les COYOTTE (Swann et les filles : et patati et patata!). Nous déjeunons ensemble dans un restaurant Chinois (excellent ! Eux, comme nous, n'en pouvions plus de la Carne asada ou guisada, des lentilles et du riz blanc, de la soupe de poisson, de viande ou de poulet !). Puis nous nous fondons dans la foule, traversons le vieux quartier, nous mêlons aux festivités. Nous achetons ainsi, une bombe de mousse aux trois enfants ! « Espuma, espuma ! ». Du coup, ils ne verront pas grand chose du défilé ! trop occupés qu'ils étaient à s'attaquer les uns les autres dans un premier temps, puis à organiser des attaques ou à se défendre … des attaques des autres « groupes de chicos et de chicas » ! Car c’était la guerre, mais oui ! et des coups en traître pour quiconque se montrait avec une bombe  ! Pas de quartier ! Les pires étaient les filles. Elles se fondaient dans le paysage, tenant caché un petit sac plein de poudre bleue. Lorsque leurs groupes de chicos avaient choisi leur cible, ils l'attaquaient de face. Elles, se faufilaient alors silencieusement derrière la victime, lui sautaient sur le dos, et la tenant d'une main, lui enduisaient de l'autre son visage pâle et tout humide de la précédente attaque, de cette fameuse poudre ensorcelante !

Nos petits joueurs abusés et désabusés, finiront le Carnaval dans un état ...! Dios mío ! Heureusement, la mousse laissait une douce odeur de fraise sur la peau (pfff ! Ça ne sentait pas la rose non plus, mais nous ne pouvions pas davantage les accabler, ils avaient déjà lamentablement perdu les batailles!), mais le bleu …. ah le bleu ! Couleur d’océan pourtant, qu'ils conserveront sur leurs vêtements, pendant encore quelques temps !

 

Avec trois mignons minois nous partions, avec trois avatars blafards nous rentrerons !

 

Surtout qu'une fois quitté le lieu du défilé, la partie n’était pas encore gagnée.

Il restait de la mousse à Armance. Comme elle n'avait pas pu se battre aussi fort qu'elle l'aurait souhaitée près du défilé, l'envie lui prend d'attaquer les honnêtes gens ! « D'accord, mais vise en l'air ! Comme ça, la mousse retombera gentiment sur tes victimes, comme de la neige ! ». Alors elle commence par attaquer une adorable petite famille ; un petit garçon qui donne la main à son papa et à sa maman. « Cible facile, petite joueuse ! ». Vexée, elle s'enhardit. Elle s'en prend à deux messieurs qui restent coi ! Hum, hum, Armance se sent forte ! Trop forte ! C'est alors que nous la voyons s'en prendre à un travailleur solide chargeant une camionnette au milieu de la ruelle ! « Bien téméraire ! » pensons-nous. À juste titre, car l'homme est loin d’être isolé ! En un quart de seconde, trois de ses collègues déguisés sortent de derrière le véhicule ! Ils avancent en grognant, les genoux pliés, les bras écartés, prêts à rendre à Armance la pareille ! Ils occupent toute la largeur de la rue, nous empêchant, de ce fait, de passer ! Et derrière, les messieurs précédemment attaqués entrent dans le jeu, faisant barrage ! Surprise comme elle n'avait encore jamais dû l’être jusqu'à ce jour, Armance lâche tout et s'enfuit en courant derrière son père ! « Mais vas-y, attaque-les Armance ! » lui lançais-je alors. Courageusement, elle récupère sa bombe et fonce sur le groupe. Le premier homme qu'elle vise pousse un cri d'ours. Rien qu'un pauvre filet de mousse sort du tube ! Elle relâche tout et se planque à nouveau. Les gars sont morts de rire, mais ils ne lâchent pas l'affaire. Ils agissent le plus sérieusement possible - imaginez un schtroumf bleu arrogant, les sourcils baissés, les genoux pliés, brandissant une bombe de mousse rose, avec une queue de cheval blonde se balançant de droite à gauche (dans un pays de purs bruns), lâchant régulièrement tout son matos pour prendre le fuite puis revenant, décidé, à la charge, ce schtroumf donc, face à quatre horribles gigantesques créatures dont on n’aperçoit réellement que les dents blanches … dans un sourire ! Imaginez ! Les quelques badauds qui se sont arrêtés pour profiter du spectacles rient à gorge déployée ! Nous avons tous mal aux joues … sauf Armance, complètement investie dans son rôle !

Finalement, nous finiront par passer (et Armance aussi), après quatre ou cinq attaques infructueuses ! Ils riaient juste tellement, que ces horribles monstres en avaient lâché leurs gardes ! Et un papy a bien failli perdre son dentier !

 

Et la bombe de mousse rose est vide … Ouf !

 

Au retour au bateau nous constatons que les navires de l’armée sont tous pavoisés.

 

A 8h, dimanche 12 novembre, nous levons l'ancre. Nous avons vécu de très bons moments dans cette magnifique ville, mais nous sommes contents de retrouver notre liberté, les fonds bleus et les grands espaces !

A midi, nous mouillons dans 3 mètres d'eau clair, au lieu-dit Punta Brava, sur Isla Grande. La baie est absolument mignonne. C'est un petit paradis … pour le moment accaparé par les vedettes touristiques du dimanche, la musique à fond (écouter Carlos Vives « Robarte un beso ») !

A 15h30, Oh Miracle, tous partent ! Les filles sortent le paddle et font le tour de la baie avec Mimi, Swann et Plume.

La soirée est douce. Nous profitons, nous respirons, nous contemplons les étoiles !

Le lendemain, il est 7h30 lorsque nous nous attaquons au colmatage des trous de la grand voile. En attendant que soit cousue la bande anti-UV, il faut bien agir ! Il nous faudra pas moins de 2 heures pour la descendre, coller les patchs et la remonter !

Puis Stéphane s'attaquent aux berniques qui ont choisi notre coque comme rocher ! Alors pendant que Stéphane frotte dessous, j'astique au-dessus ! Le cockpit est noir de poussière. Sacrée ville !

A 11h30, nous stoppons nos activités en même temps que les vedettes reprennent place dans la baie : aujourd'hui est encore un jour férié ! C'est à rien n'y comprendre !

 

Le lendemain nous attend une petite nav' bien raide ! Départ 6h, arrivée installés, 16h30 ! Nous avons slalomé entre beaucoup de petites îles toutes plates. Chacune était habitée ; nous pouvions voir de petites maisons sans prétention, les pieds au bord de l'eau avec leurs appentis et leurs pontons.

C’était une journée voilée où la mer est restée grise, métallisée.

C'est au fin fond de la Bahía de Cispata que nous avons posé notre ancre. Nous nous faisons quelques frayeurs avant la zone de mouillage : le fond indiqué par notre sondeur n'est pas du tout celui indiqué sur la carte ! Il est bien moindre, mais bon, ça passe !

Les COYOTTE viennent prendre une petite bière à bord. A 18h00, le soleil décline déjà. Demain, nous explorerons. En attendant, nous profitons d'un air de salsa venant de la terre.

Le soir, Armance a le mal du pays devant le gâteau au yaourt tout juste sorti du four ! Elle est ravie d'en manger, mais elle « regrette les macarons de maman, les cookies que je mettais en boule et que j'aplatissais avec ma main, les tigres avec les gros éclats de chocolat … Hum, c’était trop bon ! » « T’inquiète pas ma bichette. Bientôt, tu retrouveras tout ça. Mais en contre-partie, tu devras abandonner une partie de ta liberté actuelle. » « Alors, on pourrait pas acheter un cata plutôt ? Tu aurais un meilleur four, un grand frigo et plus de place pour cuisiner et moi, je pourrais continuer de vivre libre ! » « Bien pensé ! C'est à méditer, hein mon cœur ?!! »

Le lendemain, liberté oblige (!), nous commençons le CNED à 7h30 … pour pouvoir avoir plus de temps libre après, mais avant que le soleil ne se couche ! Car il y a de la visite à faire : nous commençons par une longue traversée dans la mangrove qui serpente magnifiquement entre les maisons. Ça nous rappelle un peu les Haitises en république Dominicaine, un enchevêtrement de racines et de branches de palétuviers, juste la place pour passer.

Puis nous retournons dans la baie et longeons la côte. Nous passons un village de pêcheurs et nous faisons surprendre par une envolée de pélicans effarouchés. Nous accostons à un drôle de truc, flottant parce que c'est la mode sans doute – genre, un ponton d'ici !, et nous déambulons dans le village. Nous sommes dans la « vraie » campagne colombienne, loin de Carthagène. Tout est rustique et les constructions, nombreuses pourtant, ne peuvent tenir debout que par miracle, aucune explication sensée ne convenant. Malgré tout, la ville est mignonne. Nous nous y sentons en sécurité. Les gens sont très agréables ; à chaque coin de rue, nous pouvons lire la surprise de nous voir sur leurs visages. Les voiliers ne doivent pas être nombreux à s'aventurer jusqu'ici. Dans l'une des deux épiceries du village, nous écumerons nos deniers pesos : quelques tomates mal en point, une laitue que j'avais prise pour un chou et des petits gâteaux plats que nous nommerons des « gâteaux de la faim ». Un gâteau et t'as plus faim ! Mais alors, plus faim du tout ! T'es calé. Un peu lourd certes. T'es un peu déçu aussi, car d’ordinaire tu apprécies manger plus que grignoter, mais avec un seul de ces gâteaux, qu'il vaut mieux manger quand ton ventre gargouille, la faim disparaît totalement et … durablement ! C'est quoi cette arnaque ! Cassandre ne pourra même pas prendre son goûter adoré chéri !

Les « gâteaux de la faim » nous seront très utiles pour la suite du voyage … une prochaine histoire ….

Et puis le lendemain, c'est le jour du grand départ. Nous allons traverser le Golf Darien pour être, dans l’après-midi du lendemain (enfin, c'est comme cela que nous entrevoyons la chose), dans les îles des San Blas. Nous allons passer en République du Panama. Nous remercions donc chaleureusement la Colombie pour son accueil.

 

L'aurore. Le plus beau moment de cette journée. Le ciel ressemble à une estampe japonaise. Tout en bas se mêlent différents orangés, plus ou moins puissants à un vert d'eau bien tendre et par-dessus cette palette, se dessine un nuage effilé, aux contours bien dessinés, dans les tons de gris foncé. Un envol de pélicans parfait ce tableau irréel. Serions-nous sous les mêmes latitudes que le Japon ?! Suis-je vraiment là où, me couchant, j’étais hier ? Aurais-je lu Amélie Nothomb récemment ?

Mais nous allons vite être tirés de cette rêverie « embrouillante ». Dommage, c’était cool ! Pas encore sortis de cette immense baie, nous sommes déjà secoués. Je prends un cachet pour le mal de mer (je n'en prenais plus depuis belle lurette, mais dans ces conditions, j'entends mon cœur me dire : « Prends ! »). De compliquée, la navigations va passer à atroce avant la tombée de la nuit. Les meilleures conditions que nous avions choisi pour cette traversée réputée difficile par mauvais temps se sont métamorphosées en pires conditions. D'un vent devant souffler travers-arrière, nous passons à un vent de face. D'une hauteur de houle prévue au meilleur de sa forme à un petit mètre, nous passons à une houle de plus deux mètres. C'est l'enfer. Nous sommes tabassés (idem notre départ de Rep Dom) et tellement malmenés que nous en perdons notre paddle … Sans doute s'est-il cassé, rompu en deux par une vague. En attendant, sa perte crée un manque déchirant « C’était le paddle que nous avions négocié avec papa. C’était notre paddle de jeux avec Maé, Lounis et Célian. C'est trop triste, trop triste ... ». Et après cette funeste découverte, le silence. Nous devions arriver dans l’après-midi du lendemain. Nous longerons les San Blas vers 3 heures du matin le sur-lendemain. Nous irons donc directement à Puerto Lindon. Mais cette annonce d'une journée de navigation supplémentaire n'a pas d’échos. Rien n'est pire que la perte du paddle. Les filles sont résignées. Malheureusement, c'est comme ça.

 

Samedi 18 novembre, nous arriverons dans la baie de Linton pour midi, claqués, rincés … mais pas affamés ! Merci qui ? Les « gâteaux de la faim » pardi !

Please reload

Retrouvez-nous

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Rechercher par Tags
Please reload

Archives
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2026 Publiée par SOCA created with Wix.com

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now